Festival de Casablanca : « Les casablancais ne portent pas leur festival »

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  • mercredi 13 juillet 2011 à 10:32 GMT

Notre rédaction était au concert de gala réservé aux partenaires du Festival de Casablanca, concert assuré par Carlinhos Brown, artiste brésilien. Cependant, cet article ne sera pas consacré à la prestation du chanteur, mais, au discours particulier tenu en début de soirée par  M. Farid Bensaïd, président du festival.

Particulier car, le ton du discours n’était pas à la célébration, M. Bensaïd a mollement annoncé un concert qui devait être haut en couleurs, il a sommairement abordé, d’un ton morne, les points positifs du festival, qui sont la diversité culturelle ainsi que la qualité des artistes. En effet, les paroles du président ont rapidement pris un ton sombre, surprenant pour l’heure. Parlant ainsi de conjoncture, de difficultés d’organisation, d’abandons et de découragement… Certaines moqueries étaient audibles, reprochant à ce dernier de « plomber l’ambiance », toutefois ces dernières se sont rapidement effacées lorsque l’orateur est arrivé au vif du sujet : le manque de soutien délivré au festival. Ce qui se présentait comme un animateur de fortune s’est alors transformé en orateur de talent, monopolisant ainsi l’attention de plusieurs centaines de V.I.P. casablancais. Le président, qui se présente comme un homme de valeurs « Présider aux destinées du Festival de Casablanca est pour moi un honneur et un devoir, en tant que casablancais […] », ne comprend pourquoi les entreprises casablancaises, ayant la possibilité de venir en aide au festival, ne partagent pas sa vision.

« Mais aujourd’hui, malheureusement, le privé n’a pas suivi. Ces entreprises qui vivent tous les jours à Casablanca, qui profitent de Casablanca, qui utilisent les routes de Casablanca, le port de Casablanca, l’aéroport de Casablanca… Ne sont pas derrière ce festival, je le déplore. Et le ton que vous sentez quelque peu agressif est pour nous libérer, mes équipes et moi même de cette pression constante : les casablancais ne portent pas leur festival« 

Cette dernière phrase, brutale et violente prise à parti, tombant telle un couperet, illustre parfaitement la colère ainsi que l’exaspération de l’organisateur. Néanmoins, ce dernier clôture son discours sur une note optimiste, teintée d’espoir pour l’avenir.

Malgré une ambiance morne, ne rendant pas la tâche facile à Carlinhos Brown, ce dernier, dans le transport que donne une mélodie exotique, a réussi à faire voyager le parvis pour oublier ce petit « coup de gueule ». Nous espérons toutefois, que le fond du message de M. Bensaïd reste gravé dans les esprits pour les prochaines éditions…