Festival de Casablanca : Le concert qui valait 50 Cent

Nous étions au concert de 50 Cent au festival de Casablanca. A notre arrivée, nous avons pu assister un quelques titres remixés par Momo d’Hitradio qui a su chauffer la foule en passant les tubes du moment. Toutefois ce n’était pas la première partie du concert qui, elle, devait être assurée par le rappeur français SEFYU. Dès son entrée sur scène le public était déjà dans une sorte de transe qui m’a quelque peu troublé : je ne sais s’il a été confondu avec 50 Cent mais l’euphorie en était digne. A tel point qu’au bout de quelques minutes, une bagarre a explosé à quelques mètres de nous, bagarre, qui a été réglée en totale auto-modération témoignant ainsi de l’organisation médiocre pour ne pas dire minable de ce festival.

Pour en revenir à SEFYU, il incarne pour moi beaucoup de tares abusivement associées au rap : langage minimaliste, pensées philosophiques naïves et pléonastiques ainsi que des mises en scènes clownesques. Toutefois, pour sa défense, il a su établir une certaine proximité avec le public plutôt sympathique. Notamment lorsqu’il a eu l’audace de se jeter dans les bras du public !

Lorsque l’artiste le plus attendu de cette 7ème édition est entré scène, les choses ont rapidement tourné au fiel le plus amer. La foule a redoublé d’agressivité et nous avons été séparés par des personnes qui semblaient littéralement « aborder » les plateformes de caméras avec comme seul obstacle un malheureux membre de la sécurité. 50 Cent a repris la plupart de ses tubes en version courte et a absolument voulu placer ses titres moins connus. Dans son excitation, la public situé dans l’espace gratuit a pris à parti les barrières de sécurité et a envahi le soit disant espace V.I.P devant une sécurité passive, entrainant ainsi de plus en plus de bousculade. Nous n’avons pas pu savourer le spectacle, et une fois que nous nous sommes retrouvés saints et saufs, nous avons quitté la scène en trombe. C’est pour cette raison, que cet article ne présente pas plus de critique directe de la musique, et pour cause : les conditions n’étaient absolument pas réunies pour se faire. Néanmoins, il ne faut pas oublier que la qualité de 50 Cent a largement été prouvée par le passé, ainsi, un fan incontesté et surtout patient aura certainement pu arracher, tant bien que mal, son bonheur lors de cette soirée.

L’organisation du festival souffre d’un manque cruel de professionnalisme. Rien n’est prévu pour donner l’image d’un festival sérieux : les badges PARTENAIRES étaient en vente au cours de la soirée pour la modique somme de 50 Dirhams. En une phrase, si vous êtes fans de musique cette 7ème édition n’était surement pas pour vous ! Une véritable catastrophe artistique. Est-ce l’absence de sponsors ? Reporter l’ensemble de la responsabilité sur cela serait un peu facile. La généralisation est un peu brutale, peut être même injuste, lorsqu’on observe des concerts tels que celui d’Ayo. Toutefois, si un festival ne peut gérer correctement un gros concert, c’est alors légitimement que son professionnalisme peut être remis en cause, pour enfin permettre aux casablancais d’avoir un festival digne de ce nom !