FCFW, jour 2: Des collections épurées

  • Etc 
  • lundi 12 novembre 2012 à 17:07 GMT

En ce deuxième jour de Festimode Casablanca Fashion Week, l’ambiance est plutôt détendue. Certains retrouvent leurs rencontres de la veille ou des connaissances perdues de vue, pendant que d’autres s’amusent en se prêtant à des séances photos improvisées devant le photocall. On aperçoit même quelques bloggeurs internationaux, c’est dire que l’évènement prend de l’ampleur d’année en année !

21h00. La salle est comble, il faut préciser que les créateurs de ce vendredi soir étaient particulièrement attendus.

Siham Sara Chraibi, architecte du corps

Architecte de formation, Siham Sara Chraibi a toujours été une passionnée de couture et de mode. Son métier s’impose alors naturellement comme source d’inspiration pour ses collections. On sent véritablement qu’elle construit le vêtement, l’agençant sur le corps féminin.

Ses créations sont sculpturales, les lignes graphiques et épurées. La taille et les épaules sont souvent très marquées mais toujours équilibrées par des jupes ou pantalons aux matières fluides. De la structure, mais tout en respectant les courbes du corps, exacerbant par là même paradoxalement sa féminité.

Elle dissèque l’organisme dans son entier, puisant ses idées dans des détails anatomiques comme les nervures ou les capillarités, qu’elle stylise ensuite de manière esthétique sur ses modèles.

Ses couleurs de prédilection cette année sont le blanc, le nude et le noir. De la sobriété, et des matières nobles comme le gazar de soie, l’organza, le satin et le tulle.

Paolo Errico, l’art du masculin-féminin

Le premier créateur étranger invité cette année à FCFW est Paolo Errico. Originaire de Gênes en Italie, il a travaillé pour les plus grands comme Roberto Cavalli, Calvin Klein et Versace. Il a lancé sa propre marque en 2004 et sa première collection la même année à Milan. Ses références se basent sur l’architecture et le design. Il s’inspire des formes géométriques, et prône une mode intemporelle.

Errico crée des vêtements minimalistes et faciles à porter, sa palette de couleurs s’étend entre le blanc glacé, l’anthracite, la pistache, le bleu et d’autres tons chauds.

Le public n’aura malheureusement pas été très réceptif à son style, il fut le moins applaudi de la soirée.

Standing ovation pour Said Mahrouf

Né à Asila, Said Mahrouf quitte le Maroc avec ses parents à l’âge de 9 ans, destination Amsterdam. Il a étudié le stylisme à la Gerrit Rietveld Art Academy, pour ensuite compléter sa formation au prestigieux Pratt Institute à New York. Là bas, il aura l’occasion de travailler avec la Julia Mandle Performance Company comme « costume designer ». Pendant quelques années, il a réalisé plusieurs performances et installations qui ont par la suite été exposées à Amsterdam, New York, Monaco, Sydney etc.
Il possède aussi deux boutiques de haute couture à Amsterdam et Casablanca.

Ce vendredi 9 novembre, Mahrouf a enflammé le catwalk du Sacré Coeur, provoquant des applaudissements tout au long de son défilé, et une franche standing ovation en guise de bouquet final.

La femme selon Said Mahrouf, c’est un mélange de sensualité et de grâce. Sa nouvelle collection se distingue par des drapés se nouant et dénouant au grès de son humeur, des matières souples aux coloris veloutés (champagne, blanc, noir, teintes de bleu, de rose plus ou moins soutenus, du violet), des découpes épurées, et surtout une maîtrise exceptionnelle des volumes.

Cette collection aura été un pur moment de poésie… transformant  les mannequins, le temps d’un défilé, en créatures presque éthérées.