Entretien avec Christophe Guillarmé

  • Etc 
  • samedi 9 mars 2013 à 13:45 GMT

Il y a l’homme, et il y a la Mode. Le premier créa la deuxième, et depuis, elle le recrée, refaçonne sa manière d’être et de paraître. La Mode a sa façon de jouer au dieu omnipotent. Elle est partout, elle vous devance, vous ne pouvez pas l’attraper. Ne vous rassurez pas. Ceci n’est pas un alibi pour abandonner la partie : Si vous ne la suivez pas, vous êtes exclu du clan des « Contemporains ».

Vous ne pouvez pas non plus la contrer : Allez voir du côté des hippies, rockers, motards, ou punks, ces « Bad Boys » qui ont cru malicieux de se placer face à la culture dominante. La Mode a vite repêché ces impies, et leur a offert un repentir : Des créations portant leur empreinte défilent, chaque année, dans les Grands Temples de la Mode …

De ce monde de paillettes, de coups de ciseaux, de froufrous et de Champagne  (beaucoup de Champagne) et bien sûr, de créateurs  nous avons un nom à vous annoncer : Christophe Guillarmé.

cannes christophe guillarme

S’étant distingué par ses créations, Christophe Guillarmé fait partie des favoris du Festival de Cannes, ainsi que du Festival International du Film de Marrakech. Depuis, sa griffe laisse sa trace un peu partout, marquant au passage la Fashion Week Casablancaise.

Son univers, au ton Glam-Rock dominant, nous plonge dans une écoute du nostalgique « Home Sweet Home » de Motley Crue. Le choix des couleurs, la forme, la coupe … Tant d’éléments qui nous font miroiter les Folies-Cannoises, le luxe parfois tapageur de Monte-Carlo, mêlés à une authenticité Antipolitaine.

Charmés par ce créateur de mode qui progresse, en style comme en notoriété, nous lui avons posé quelques questions, auxquelles il a répondu de bon cœur.

Artisthick : Que cherchez-vous à exprimer dans vos créations ?

J’aime conjuguer glamour et innocence pour une muse sophistiquée, sensible à mon univers qui mixe le Glam-Rock féminin et sensuel teinté de Dolce vita, de par mes origines entre Cannes et Monte-Carlo.

Christophe Guillarmé & Joséphine Jobert

Christophe Guillarmé & Joséphine Jobert

Artisthick : Un créateur qui vous inspire ?

Plusieurs m’inspirent par leur démarche comme Mr Ungaro pour la couleur, Nicolas Ghesquière, Balenciaga dans la coupe, Mr Alaïa pour son authenticité …

Artisthick : L’on remarque un souci d’affinage, dans vos nouveaux designs. Est-ce le signe annonciateur d’un changement de cap, ou est-ce une expression d’évolution, de maturation de votre style?

Sans doute comme le bon vin j’essaye de me bonifier avec l’ âge ! Plus sérieusement je précise mes choix avec le temps et je suis de plus en plus exigeant au fil des collections qui s’enchainent.
C’est-à-dire que j’épure mes pièces pour ne garder que l’ADN qui compose mon style.

Artisthick : Après le Festival de Cannes, vous avez également vêtu les stars du Festival du Film de Marrakech. A votre avis, quelle est la relation liant le styliste au cinéma ?

Très jeune, j’ai été fasciné par la montée des marches du Festival de Cannes : c’est fascinant de voir ces femmes en robes du soir qui s’évaporent sur la croisette après la projection !
De plus, je me nourris au quotidien du cinéma, notamment les films Asiatiques. Wong Kar-Wai, Zhang Yimou, dont l’image très travaillée est une véritable source d’inspiration.

Artisthick: Quels sont les prochains projets que vous souhaitez entreprendre ?

A vrai dire, à cause de cette crise qui perdure, mes projets de licence Chaussure et Maroquinerie ont tendance à être reportés. Mais je m’accroche, et j’ai déjà le plaisir d’avoir une licence pour la bagagerie avec Platinium qui fonctionne très bien !

Je dois juste apprendre à patienter pour que le reste suive …