Divine création de Julio Medem : Room in Rome

Room in Rome est avant tout un film d’une simplicité exemplaire. Un drame sorti dans les salles espagnoles fin avril . Il a  fait le tour de diverses salles européennes, passant par l’Allemagne, la Grèce et la France. Pour aller jusqu’au Japon ou aux Etats-Unis pour enfin atterrir en Turquie et clore cette tournée qui aura duré toute une année. Le casting n’est pas très important étant donné que l’on ne verra tout au long du film que deux personnages, ainsi que quelques fortuites apparitions. Nous aurons l’espagnole Elena Anaya dans le rôle de la rebelle du nom d’Alba ainsi que la russe Natasha Yarovenko dans le rôle d’une timide russe du même prénom.

Juilio Medem, le réalisateur du film, nous vient alors avec une œuvre cinématographique comme on n’en en fait plus. Simple et si profonde. Le film raconte l’histoire de deux beautés, l’une est russe, l’autre est espagnole. Deux filles qui au hasard de leur passage à Rome, se sont retrouvées par la force d’une attirance réciproque, seules et nues dans une chambre d’hôtel. Le début d’une abyssale communication des âmes. Une prodigieuse nuit à se découvrir mutuellement sans pour autant vraiment connaitre l’identité de l’autre. Un film empli de sensualisme, d’intimité et de cachoteries.

Un véritable coup de cœur pour le rôle de Natasha. Une jeune russe qui reste au bout de l’hésitation tout au long du film. Une profonde et tenace résistance face à la tentation espagnole qu’est Alba. Par contre, le look rebelle et décontracté d’Elena n’était vraiment pas à la hauteur. Moi qui était habitué à des rôles plus sensuels et à la fois diaboliques provenant d’elle, à l’image de son rôle d’Aleera, épouse d’un certain Dracula.

Pour ce qui concerne les décors, c’est là encore une autre touche de simplicité romanesque. Comme le montre le titre, l’action, l’histoire et la scène ne se passent que dans une chambre à Rome. Une très belle chambre, garnie de tableaux, d’œuvres d’art et d’antiquités prestigieuses. Ce qui poussera en quelque sorte les deux héroïnes de l’histoire à effectuer de temps à autres, de faramineux voyages en analysant artistiquement et d’une bien malicieuse façon les tableaux accrochés.

Pour ce qui concerne le B.O du film, ce sont de bien gracieuses musiques et envoûtantes dont on ne retiendra que trois magnifiques morceaux. Trois titres qui ont su rythmer les torrides scènes du film. Que cela soit à la toute première scène, au cœur de l’action ou encore jusqu’au générique final. Les trois titres sont : Women’s Magazine Tango et Libera me de Jocelyn Pook. Ainsi que l’incontournable  Loving Strangers de Russiand Red.

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Je vous recommande vivement ce film, si vous êtes à la recherche d’une bonne centaine de minutes de bonheur, d’extase et de sensualité. Un film qui peut vous faire frissonner d’envie, tout en vous donnant les larmes aux yeux à la fin. Un film sans pudeur, et sans restriction. Un film pur.

Note: 4,5/5

J’hésite à lui accorder toute la note, étant donné que dans la forme, cela reste un film sans véritable scénario et péripétie. Tout est dans les profondeurs.

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