D’Istanbul à Rabat, le tour des musées d’art contemporain

 

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« L’art est tout à fait inutile » disait Wilde, mais dans quel sens? Superflus du point de vue matériel, certainement, mais pourtant paradoxalement essentiel, chose que notre dandy irlandais ne peut nier. L’art est le signe de l’élévation de la nature humaine, un marqueur de bonne santé dans une société active, ouverte à l’autre et sur elle-même, capable de créativité mais aussi d’introspection car l’art se fait miroir de son époque. Aujourd’hui les pays du monde musulman semblent bien l’avoir compris et se réconcilient avec le monde de la culture après tant d’années, non pas de création artistique très peu prolifique, mais où l’art ne faisait grand écho en dehors des quelques galeries de particuliers dispersées ça et là. D’où le rôle phare du musée qui sauvegarde cette création et la réinvente pour chaque nouveau public, car l’art ne vit que par les yeux de celui qui le regarde. Aujourd’hui nous célébrons l’art contemporain et l’artiste contemporain depuis les minarets d’Istanbul jusqu’aux grandes portes de Rabat, découvrez les trésors des musées d’art contemporain et d’art moderne et laissez-vous surprendre comme nous l’avons été!

Le Musée d’Art Moderne d’Istanbul

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İstanbul Modern Sanat Müzesi, connu sous le nom de  İstanbul Modern a été inauguré en 2004. Rafraîchi par l’embrun du Bosphore, le musée est situé dans le quartier de Beyoglu et s’étend sur une surface de 8000 m². Ancien entrepôt, réaménagé par l’architecte italienne  Monica Bonvicini, le musée compte des expositions permanentes et d’autres temporaires. A 15 Lira, offrez vous une journée culturelle et une belle vue sur l’ancienne capitale ottomane. Un coin qui vaut le détour, avec des amis ou en famille, où l’imagination flâne et les livres volent.

Le Sursock et le MACAM de Beyrouth

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Il existe deux musées d’art contemporain à Beyrouth. The Paris of the Middle East abrite en effet le Musée Nicolas Sursock, situé dans le quartier historique d’Achrafieh et le MACAM (Musée d’Art Contemporain et d’Art Moderne). Le Sursock qui a des allures d’hôtel particulier ne manque pas de rappeler les palais néo-ottomans d’Istanbul comme Çırağan ou le pavillon Kuçuksu par l’influence classique italienne de sa façade extérieure. Édifié par le richissime Nicolas Ibrahim Sursock en 1912, maronite libanais et mécène dévoué, le Sursock est ouvert au public en 1961. Il séduit par son élégance et par ses collections qui nous renseignent sur les goûts de la haute société libanaise. Le MACAM, plus sobre, a été fondé en 2012 en prenant vie dans une ancienne usine à Alita, à plus de 30 Km de Beyrouth. L’exposition inaugurale a pour titre « To Transform the Factory into a Museum », un défi que les amoureux d’art moderne ont bien voulu relever. Le MACAM abrite aujourd’hui près de 400 sculptures en métal, en bois ou en céramique, le travail des quelques cent sculpteurs du Liban mais aussi d’ailleurs.

Le Musée d’art contemporain de Téhéran

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Le Musée d’art contemporain de Téhéran est décidément la plus grande et la plus joyeuse surprise d’Artistick. Loin des clichés trop faciles sur l’Iran, l’ancien empire persan n’a rien perdu de sa splendeur et de son rapport privilégié à l’art hérité des génies de Persépolis puis de Samarcande. Le musée compte les plus grandes collections d’art contemporain en dehors de l’Europe et des Etats-Unis. Edifié par Kamran Diba en 1977, l’influence persane y est frappante à travers les « Badghir », ces petites tours réfrigérantes et les « Howz », les bassins aux ablutions très communs à l’architecture islamique en général. Parmi les oeuvres exposées, on trouve celles de Monet, Pissaro, Van Gogh, Léger, Bacon, Picasso, Giacometti, Magritte, Warhol, Miro, Munch, Degas mais aussi des artistes iraniens célèbres comme Parviz Tanavoli, Bahman Mohasses ou encore Ahmad Esfandiari.

 

Le Guggenheim d’Abu Dhabi

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Le Guggenheim Abu Dhabi est le futur musée d’art moderne et d’art contemporain qui prévoit d’ouvrir ses portes au public en 2017. L’architecture osée et digne de l’ambition intarrissable des monarchies du Golfe rappelle d’emblée le musée de Bilbao en Espagne. Ce n’est pas le fruit du hasard car l’architecte du Guggenheim Bilbao, Franck Gehry, est le même qui a accepté le challenge du Guggenheim Abu Dhabi. Il s’étend sur une superficie de 30 000 m² sur l’île de Saadiyat où est prévue la réalisation du Musée du Louvre Abou Dabi, du musée maritime et de la cité des arts. Il s’agit là d’un bel exemple de la globalisation du marché de l’art.

 

Le Mathaf de Doha

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Le très riche musée de Doha, ouvert en 2010, est principalement orienté vers le Monde Arabe. Il compte plus de 6000 créations st’étendant de 1840 jusqu’à aujourd’hui. Les collections sont en majeure partie des donations de Sheikh Hassan bin Mohamed bin Ali Al Thani, lui-même artiste et collectionneur affirmé, il est vice-président de la Qatar Museums Authority. Le Mathaf comprend les œuvres de Daoud Corm, d’Abdul Qadir Al Rassam et de Steve Sabella entre autres.

 

Le MAMA d’Alger

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Le petit Musée d’Orsay algérien élégant par la finesse de ses décorations et par l’harmonie de ses proportions attire de plus en plus d’amoureux de l’art contemporain. Son architecture néo-mauresque et sa voute en baies vitrées rappelle l’intérieur fastueux des Galeries Lafayette sur le boulevard Haussmann à Paris. En effet, le batiment a été construit en 1900 pour abriter Les Galeries de France. Inauguré en 2007, il s’inscrit dans le cadre d’ « Alger, capitale de la culture arabe 2007 ».

 

Le MMVI de Rabat

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Avec son nouveau « MoMA marocain », Rabat a la folle ambition de s’imposer comme capitale africaine de l’art contemporain. D’architecture néo-mauresque épurée où le blanc dominant rappelle les murs chaumés de la médina, le MMVI est LE nouveau coin chic de Rabat où les collections des artistes marocains trônent enfin fièrement et sereinement. Il compte aujourd’hui près de 400 oeuvres, de 200 artistes, célèbrant 100 ans de création artistique marocaine (1914-2014). On y retrouve les réalisations de Mahi Binebine, Hassan el Glaoui, Jilali Gharbaoui, Chaibia Talal mais aussi d’autres sculpteurs, peintres et plasticiens très connus sur la scène artistique.