Dead Man Talking : Le Mythe de Shérazade revisité

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  • mercredi 31 octobre 2012 à 21:04 GMT

« C’est l’histoire d’un homme, prêt à tout pour prolonger ses derniers Flashback. »

Si  cette phrase simpliste suffit, à elle seule, à résumer le synopsis du film, elle n’en est pas moins réductrice, pour décrire ce tournage du nouveau réalisateur Patrick Ridremont, qui incarne également le rôle du protagoniste, William Lamers.

William Lamers, condamné à mort pour homicides, est à quelques secondes de son exécution. Le bourreau prêt, on n’attend  que son ultime déclaration pour néantiser le criminel, ultime occupant d’une prison désaffectée.

Mais, en dépit de tous, les bagatelles pour sa mise à mort se transformeront en long monologue…

Dans un ultime réflexe de perpétuation, William Lamers trouve une faille dans la procédure d’exécution : La loi donne droit à de dernières déclarations, mais sans en préciser la durée. Et le bourreau, minuit dépassée, doit reporter l’exécution au lendemain. Ainsi, l’histoire se répète jour après jour. Et la tension augmente.

Le contexte électoral ainsi que les grands enjeux politiques présents dans le film n’ajoutent que cohérence au scénario. Car certains objecteront certainement : « Pourquoi ne pas changer la loi ? » ; mais c’est avec un malicieux plaisir qu’ils se verront répondre : l’article 34 de la Constitution interdit à un Gouverneur de changer un article de la Loi durant les 30 derniers jours de son mandat.

Un véritable nœud de vipères où se mêlent intérêts politiques et médiatisation d’un nouveau « Criminel phénomène ». Au milieu de tous, se situe « Le Mort qui parle », l’hôte inconvenant, qui commence à faire margaille. Son discours, c’est le fil d’Ariane qui définit son existence.

Entre longs monologues pour tenir le crachoir et soliloques intérieurs qui nous éclairent sur le protagoniste, un homme dont nous ne connaissons que le crime au début – « Dead Man Talking » – séduit. Loin de verser dans le pathos, le remords des derniers instants, l’ultime recul. Nous avons du tragi-comique, agrémenté d’un cynisme flottant au-dessus de toutes les Choses, soient-elles bourreaux, directeurs de prisons ou gardiens. Leurs craintes, leurs buts, leurs projets ne constituent plus que des intérêts collatéraux. Brise-vent frivole à contrevenir pour reporter à quelques jours l’exécution.

Film prometteur, où Ridremont endosse tour à tour la cape du scénariste, du réalisateur et de l’acteur principal. Mais loin d’être l’un de ces dilettantes qui se surestiment, et dont  la production se réduit en fin de compte  à un  « Dommage, j’ai bien aimé le scénario et l’acteur, mais la réalisation n’était pas de qualité », Patrick Ridremont a pu assumer chacune des tâches avec goût et professionnalisme. Les échos qui nous sont parvenus des divers festivals étaient unanimes : « Personne n’aurait pu espérer mieux, pour une première expérience de réalisateur ».

Nous retenons notre souffle en attendant le verdict final, que nous ne pourrons prononcer qu’après l’avoir visionné.

Voici la Bande-Annonce. Notez que le film a déjà paru en Belgique. La conquête des salles Françaises est prévue pour Mars 2013.

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