Critique: Un Gatsby loin d’être magnifique

  • Cinéma 
  • mercredi 22 mai 2013 à 12:30 GMT

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Et une adaptation de plus, une ! Mais que font les scénaristes, qu’est-il advenu de leur sens de la créativité, c’est à croire que l’on est arrivé aux temps où les cerveaux se figent et où ce que l’on croit inspiration n’est en réalité qu’imitation. En vérité je vous le dis, le 21ème siècle est le siècle du pastiche, l’on singe comme on respire. Et dans ce règne primitif, il existe alors des singes savants, des singes ouvriers et en bas de la pyramide, tout en bas, les scénaristes contemporains.

Qui a eu cette idée géniale, de laisser Baz Luhrmann aux commandes ? Ce cinéaste australien dont le seul film potable reste Roméo+Juliette (avec un Léonardo DiCaprio juvénile). Si le beau Léo lui a porté chance il y a dix-sept ans de cela, aujourd’hui le résultat est tout autre, Léo a autant perdu de sa jeunesse que de son talent, et Luhrmann n’a rien fait pour limiter les dégâts. D’ailleurs, je profite de cette tribune pour demander à la Warner Bros un dédommagement ayant été une victime collatérale de ce joyeux bordel qu’est Gatsby Le Magnifique. J’ai une confession à vous faire : je n’ai pas lu le roman de F. Scott Fitzgerald, cela fait-il de moi un inculte, ou me délégitime à critiquer l’adaptation cinématographique, ai- je déjà une légitimité à critiquer le travail des autres ? Non, mais je le fais quand même, d’autant plus que cette fois ci, ne viendra pas déteindre sur mon jugement, cette comparaison livre/film parfois arbitraire.

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Gatsby le Magnifique est un film plat, dénué de rythme, et à certains égards, frisant le ridicule. La faute à qui ? Pas aux acteurs en tout cas, les pauvres, comment pouvaient-ils  faire passer leurs émotions, affiner leurs jeux, ne serait-ce qu’interpréter leurs fichus personnages convenablement dans ce brouhaha d’artifices qui les entouraient. Baz a créé une machine à étouffer le talent et a de ce fait entraîné tout le monde dans sa chute. Ce n’est pas parce que l’on dispose de la technologie nécessaire pour faire rayonner l’image, et faire briller les décors que l’on est obligé d’en user dans un élan pléthorique. « Baz ! Tu as encore joué avec la machine à effets spéciaux ? » L’aurait réprimandé sa maman.  Entre du flashy à tout-va, du kitsch plein les moquettes, et une musique à se faire exploser la cavité nasale, le réalisateur de Moulin Rouge ne nous a rien épargné, une pléiade d’effets de style mal dosés et au final un film esthétiquement laid. Sacrifier le fond au détriment du style oui, mais quand style il y a, sinon cela s’appelle une hécatombe. Pour illustrer mes propos, je dirais que Gatsby Le Magnifique est un étron qui brille de mille feux, ou alors de la Nabilla en pellicule : tape à l’œil, racoleur mais dont la substance n’est que néant.  En vérité je vous le redis, l’œuvre de Baz Lurhmann se rapproche plus du proxénétisme d’imagerie que de la réalisation. Si vous avez alors envie d’aller voir à quoi ressemble une image, un décor, ou une histoire en pleine débauche, ce film est fait pour vous. Sinon, n’en faites rien, je suis un ami qui vous veut du bien.

Projeté le premier jour  du Festival de Cannes, Gatsby le Magnifique aura jeté de la poudre aux yeux des spectateurs de la Croisette, leur  dégueulant au passage de la super star américaine sur les marches. Les photographes ayant remplis la panse de leurs appareils, maintenant on est tranquille ! Faites place au cinéma d’auteur, d’acteur, à l’expérimentation, à la provocation, à l’incompréhensible parfois même au chiant et j’en passe et des meilleurs. Car comme dirait l’autre : il en faut de tout pour être heureux.

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