Critique : Né Quelque Part de Mohamed Hamidi

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Avec son premier long métrage Né quelque Part, Mohamed Hamidi, signe une comédie tant bien attachante que surprenante.

Né Quelque Part n’est pas un film identitaire de plus, il est bien plus que cela. Porté par son réalisateur Mohamed Hamidi, cette comédie dramatique co-écrite par Alain-Michel Blanc , aborde des sujets lourds et sérieux en parvenant à garder une étonnante légèreté. Une tache facilitée par un très bon casting à l’instar d’un Jamel Debbouze, en cousin filou et malfaiteur, ou encore le nouveau venu et très bonne surprise de ce film Tewfik Jallab.

L’histoire, celle de Farid (Tewfik Jallab), un jeune français de 26 ans contraint à se rendre en Algérie pour sauver la maison de son père. Il découvre alors un pays où il n’a jamais mis les pieds et tombe sous le charme d’une galerie de personnages étonnants dont l’humour et la simplicité vont le toucher, parmi eux, son cousin (Jamel Debbouze) qui nourrit le rêve de pouvoir rejoindre la France.

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Mohamed Hamidi, ancien professeur d’économie et fondateur du Bondy Blog devenu metteur en scène de stand up (il est derrière les spectacles de Jamel Debbouze, Malik Bentalha, et Abdelkader Secteur), dit être parti d’« événements personnels » pour réaliser ce film dont le budget n’excède pas les 3.8 million d’euros et qui aura nécessité 42 jours de tournage dont 37 au Maroc.

Ce qui touche le plus dans ce premier film c’est cet attachement que l’on éprouve pour les personnages. Mohamed Hamidi utilise l’humour  pour faire passer ses messages; grâce notamment à des seconds rôles aussi bons les uns des autres,  de Abdelkader Secteur fidèle à lui même, à un hilarant Fatsah Bouyahmed  en passant par les marocains du casting Fehd Benchemsi et Mourad Zaoui sans oublier le regretté Mohamed Majd qui a tenu dans ce film l’un de ces derniers rôle au cinéma.

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Alternant entre le drôle et le sérieux, Né Quelque Part évoque avec pudeur et élégance, les problèmes d’un pays rongé par son histoire et par le regard que le France porte sur lui. Hamidi, lui, filme le plus honnêtement du monde l’histoire d’un jeune homme qui s’interroge sur son identité. Bloqué dans ce pays qu’il ne connaît pas, Farid va découvrir l’histoire de son père, et de sa famille.

Mention spéciale pour la musique du film, composé par Armand Amar et avec la participation de Cheikha Rimitti « la Cesaria Evora algérienne » pour Mohamed Hamidi, le rappeur algérien Lotfi Double Canon, et celui qu’on ne présente plus : Ibrahim Maalouf.

Seul bémol, puisque il faut bien en trouver à ce premier film, c’est une fin tronquée et un sentiment d’inachevé dans l’histoire. Un sentiment largement pallié par la prestation de Tewfik Jallab qui pour son premier grand rôle au cinéma offre une prestation magistrale. Un film bien né et à découvrir au Maroc à partir du Mercredi 3 Juillet.

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