Critique de Super 8, le nouveau film de J.J. Abrams et Steven Spielberg.

Avec Super 8, J.J Abrams rend hommage aux films d’aventure d’enfants et les films Sci-fi des années 80 à la Spielberg. Mais est-ce que ce film délivre tout ce que l’on attend de lui ?


Avant sa sortie sur grand écran, la production de Super 8 s’est chargée d’une campagne marketing très confuse sur son contenu. C’est pourquoi certains auront entendu parler de Super 8 comme le nouveau film catastrophe de J.J. Abrams et Spielberg et d’autres n’auront même pas eu vent de quoi parle Super 8.

Comme pour tout film, il ne faut jamais oublier qu’il faut se doter d’une approche adaptée à chaque film. Il faut ajuster ses espérances et ses attentes en fonction de ce que peut offrir le film. Pour Super 8, le film est loin d’être un blockbuster estival comme on l’attendait. Super 8 propose un savoureux mélange de nostalgie, de frissons et d’une magie old-school des films des années 80, combinés à un super casting d’une jeune bande d’acteurs talentueux.

Malgré toutes les promesses sur le monstre du film, supposé être son l’élément central, l’histoire est très inspirée d’un schéma dramatique à la Spielberg : dans une petite ville de l’Ohio durant les années 70, le jeune Joe Lamb (Joel Courtney) perd sa mère dans un accident tragique, laissant son père, le Sheriff adjoint Jackson Lamb (Kyle Chandler), complètement brisé et absorbé dans son rôle de protecteur de la ville. Laissé seul et négligé, le petit Joe échappe à son chagrin en se dévouant à aider son meilleur ami Charles (Riley Griffiths) pour son projet de film amateur « The Case » (excellent hommage aux zombies que l’on peut savourer durant le générique de fin) destiné au festival du film local.

Une nuit, Joe, Charles et le reste de la bande décide de se rendre secrètement à la gare ferroviaire pour une scène primordiale du film. Ils sont rejoints par une fille : Alice Dainard (Elle Fanning, la sœur de Dakota !), une actrice talentueuse qui se révèle être la fille de l’ivrogne du village et l’amour caché de Joe.

Tout se passe comme sur des roulettes jusqu’au moment où un pickup décide de rouler sur les rails et de rentrer en direct collision avec le train de passage. Après l’impressionnante scène de destruction du train, les enfants apprennent que cet accident n’était en fait pas un et que le train était loin d’être un train ordinaire. Ils arrivent à s’échapper de justesse juste avant que l’armée (toujours eux hein) viennent sécuriser le périmètre. Juste après, la ville est envahie par une série de mystérieux accidents qui vont forcer la bande d’amis à affronter une situation inimaginable, une situation qui permettra alors à Joe et son père d’affronter leurs propres démons.

Pour être clair, Super 8 n’est définitivement pas le film de monstres que l’on attendait. Une mystérieuse créature terrorise la ville certes, mais elle est rarement utilisée à l’écran, favorisant ainsi l’attention sur la bande d’amis qui se serrent les coudes durant cet évènement extraordinaire, spécialement entre Joe et Alice qui développent une touchante amourette de jeunesse.

Pour la majeure partie du film, Abrams arrive à donner à son film un bon équilibre entre humour léger, drame (pas trop dur quand même) et des bons moments de frissons par-ci par-là. Le gros point négatif du film reste la dernière partie où Super 8 devient un film sci-fi d’action, standard et assez cliché, conforme aux normes de Spielberg avec sa « rassurante » happy end. Néanmoins, comme c’est généralement le cas avec ce genre de films qui se construisent autour d’un mystère central, les révélations sont très rarement aussi satisfaisantes que l’anticipation. La créature (et le mystère l’entourant) est loin d’être impressionnante, toujours frôlant la ligne du déjà-vu. A part la créature, on ne peut pas enlever le fait que ce film est très bien fait. J.J. Abrams a réussi à exploiter les étonnantes performances des enfants dans un film drôle, touchant et effrayant à la fois. Loin d’être une chose facile.

Pour donner une note finale, Super 8 est une très bonne expérience cinématographique et les jeunes personnages au centre du film méritent vraiment le détour tellement leurs talents percent l’écran. L’histoire n’a rien de révolutionnaire ni d’incroyablement nouveau, mais l’élément de nostalgie est bon à prendre. Vive les années 80 !

Note : 3,5/5

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