Critique de Skyfall: La résurrection de James Bond

Vendredi dernier, la 23ème aventure de James Bond, Skyfall, est sorti dans nos cinémas nationaux. Après une longue absence, l’agent 007 revient sur grand écran pour fêter le 50ème anniversaire de la franchise. Une occasion pour ce troisième volet de la saga mettant en vedette Daniel Craig d’être nostalgique des premiers temps de Dr. No, mais une chance aussi de faire peau neuve. Clins d’œils aux classiques et réajustements de la franchise font de la réalisation de Sam Mendes un véritable succès pour certains mais une déception pour d’autres…

You know the rules of the game. You’ve been playing it long enough!”

Dès les premières minutes de Skyfall, M (Judi Bench) nous rappelle que James Bond est là depuis bien longtemps et qu’il a traversé de nombreuses aventures. Cette fois-ci, la mission de Bond (Daniel Craig) est de récupérer un fichier confidentiel du MI6 contenant la liste des identités des agents secrets britanniques avant que celui-ci ne soit dévoilé. Le film commence en Turquie, où une course-poursuite typiquement 007 se termine sur les toits d’un wagon dans la campagne istanbuliote. Bond, blessé à l’épaule par sa coéquipière, Eve (Naomie Harris), chute dans le vide juste avant le générique. Mais il n’est -évidemment- pas mort et réapparait quelques mois plus tard à Londres pour aider M, dont l’autorité est remise en question par ses échecs récents et qui est la cible des attaques de Silva, un cyber-terroriste cherchant à se venger.

Une superbe bande sonore, à commencer par le générique interprété par Adele, de magnifiques scènes filmées en Chine et un scenario qui nous plonge dans la psychologie de Bond comme la saga ne l’a jamais fait, donnent à Skyfall une nouvelle âme. Glamour, exotisme et action se mêlent dans une réalisation sublime. Les mêmes ingrédients de Bond depuis Dr. No sont présents mais cette fois-ci différents : une M au cœur de l’action loin de Bernard Lee qui ne quittait pas son bureau et ses dossiers confidentiels, un Q jeune et « geek » mais surtout un nouvel ennemi. Silva, interprété par Javier Bardem, est, sans l’ombre d’un dout,e la meilleure surprise de la réalisation, même s’il n’apparaît qu’une heure après le début du film. Cet ancien agent du MI6 devenu cyber-terroriste et qui nourrit une grande rancœur envers M est un nouveau type d’adversaire : loin de vivre dans un manoir de la Renaissance et d’avoir un projet de destruction du monde, Silva est une figure plus mystérieuse, sombre et austère vivant dans les ruines d’une île déserte. Drôle et en même temps terrifiant, la performance de Bardem est l’une des meilleures de cette année.

La réalisation fait peau neuve, mais reste une nostalgie des éléments classiques à la 007. C’est sur cette partie que les avis peuvent différer. Même si l’on retrouve Q – absent dans dans Casino Royale et Quantum of Solace, quelques gadgets et une course-poursuite, ces éléments restent décevants pour les véritables fans de la saga. Malgré un début spectaculaire filmé à Istanbul où voitures, motos et même train donnent lieu à une incroyable course-poursuite, la suite du film est décevante sur ce point. Le film avance donc doucement durant 143 minutes entrecoupé seulement de quelques scènes d’action digne de ce nom. Pour ce qui est des Bond Girls, aspect fondamental pour certains, la réalisation de Mendes déçoit une fois de plus : une Naomie Harris hésitante, une sublime Bérénice Marlohe qui meurt au bout de trente minutes d’apparition et une omniprésence de M en figure féminine ne rendent pas hommage à l’orthodoxie de la série – voitures, armes et dames.-

Production phénoménale qui a coûté 200 millions de dollars, Skyfall se place dès les premières semaines après sa sortie parmi les grandes surprises de cette année 2012. C’est un épisode unique de la célèbre saga qui redonne vie à l’agent 007 après le décevant Quantum of Solace, mais qui laisse de nombreux fans de la franchise sur leur faim.

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