Cosmo Records: La Fierté Marocaine

Ils sont partout. Leur nouveau concept de soirées « So What? » est un véritable succès et leurs morceaux sont joués par tous les plus grands artistes du monde. Cosmo Records, c’est l’histoire d’une passion que nous allons vous raconter avec l’un de ses cofondateurs, Laurent Grumel, qui nous a accordés une interview exclusive !

Cosmo Records est sans conteste le label Marocain numéro 1, avec des artistes comme Philip Bader, Masomenos, Nirma Goji ou encore le prodige marocain Adil Hiani dont les morceaux sont joués par les plus grands artistes de la scène underground internationales. Quels sont les secrets d’une telle réussite?

Je pense que c’est un peu prétentieux de parler de réussite pour le moment, car on juge la réussite d’un label sur le temps. Je parlerai donc plutôt d’un bon départ. Le secret de ce dernier c’est d’avoir allié musique, art et culture autour d’un vrai concept. COSMO cherche à montrer qu’un dialogue des cultures est possible entre la sophistication de la musique électro-urbaine occidentale et l’aspect traditionnel voire ancestral, de la musique marocaine et d’Afrique de l’ouest. Nous mettons en avant des artistes marocains, la musique marocaine et aussi la découverte du Maroc. Le but de nos «recordings» et aussi de montrer les richesses de ce pays.

 Cosmo Records, ça a commencé comment?

Tout a commencé en 2009, nous nous trouvions aux Etats Unis (à Miami plus précisément) où nous nous trouvions dans le cadre de nos études. C’est là que nous avons créé notre premier concept de soirées «Soultech». Durant l’une de ces soirées, j’en ai parlé à Philip Bader un ami Dj de longue date, qui m’a poussé à créer mon label.

C’est à ce moment que tout a débuté, on a travaillé avec mes associés durant des mois et à notre retour au Maroc nous avons tout lancé, un mois et demi plus tard nous étions entrain de faire notre premier «recording».

Adil Hiani, un artiste Cosmo Records

Pourquoi avoir choisi une galerie d’art comme siège?

Nous avons choisi une galerie d’art comme siège pour 3 raisons :

La première est que nous voyons des synergies évidentes entre l’art contemporain et la musique que nous produisons. Ainsi à moyen terme, nous réfléchissons à une manière d’associer ces 2 domaines artistiques.

La seconde raison est la praticité, en effet, cette galerie a été ouverte par notre ami et associé, Driss Lahlou. Enfin, je trouve que c’est un endroit extrêmement agréable et extrêmement propice à la création.

 

Quels sont vos futurs projets et vos objectifs sur le long terme?

On souhaite d’une part se concentrer  cette année sur Adil Hiani (artiste phare de COSMO) qui est certainement un des plus doués de sa génération même au niveau international. D’autre part on désire de communiquer sur COSMO en organisant des «showcases», après avoir organisé deux très beaux événements en 2011 à Berlin et Ibiza, on souhaiterait développer ça dans d’autres pays.

Nous avons aussi un autre projet en cours, la création d’un sous label plus acoustique, la première sortie sera l’album de Mambotur  (Pier Bucci & Argenis), un album à 80% acoustique. On  a aussi lancé un nouveau concept de soirée au Maroc «So What?!», l’objectif est d’organiser le plus d’événements en 2012 sur les plus grosses villes du royaume.

 

Avec un tel succès, pourquoi si peu d´événements locaux?

La création d’un label est un travail gargantuesque, ça demande du temps, de l’énergie et surtout beaucoup de déplacements. Il était donc difficile de construire le label et de gérer des soirées. C’est pour cela qu’on a préféré attendre que tout soit bien en place. Mais comme je l’ai dit, depuis le 22 novembre on a lancé notre nouveau concept de soirées «So What?!» qui est géré par Mehdi Alj. Cette soirée aura lieu une fois par mois, avec comme objectif de faire connaître aux gens une nouvelle façon de faire la fête et surtout de leur faire découvrir une nouvelle musique.

Latest tracks by Cosmo records

L´année 2010 a vu l´émergence de nombreux producteurs locaux. Cela va t’il apporter quelque chose a la scène électronique marocaine?

Je suis du même avis, j’ai été surpris de voir cette forte ascension des producteurs marocains, je ne sais pas si ça changera quelque chose mais je le souhaite du fond du coeur car il y a un fort potentiel dans ce pays et de belles choses à faire.

A vrai dire, vous êtes le seul label marocain d´une telle envergure internationale. Pourquoi si peu de labels marocains?

Je pense que cela est du à la difficulté de créer un label, il faut des contacts, un bon distributeur et surtout  une vraie connaissance de la musique et de l’industrie musicale.

Laurent Grumel, quel conseil pouvez vous donner a nos artistes et producteurs locaux?

Le meilleur conseil que je pourrais donner aux artistes et producteurs locaux, c’est de ne surtout pas suivre une mode ou une tendance. Un producteur doit trouver son style et se perfectionner, sinon il ne durera pas. Il faut aussi être ouvert à tout genre musical, le blues comme le jazz, comme la musique chaabi, ou encore comme la musique mandingue du Mali, en gros, avoir une ouverture d’esprit.

Votre morceau du moment?

C’est difficile de choisir un morceau en particulier, car il y a énormément de bons morceaux qui sortent tous les jours, mais je dirais qu’en ce moment le morceau qui me fait le plus rêver est: «le bisous anonyme» de Adil Hiani et Reda cherif, un guitariste basé à New York au style bien défini qui se trouve être mon ami d’enfance.

Un dernier mot?

Merci pour cette interview et bonne continuation pour artisthick.