Cinéma : Mustang, la chevauchée de 5 filles sur le chemin de la liberté

Mustang_0

C’est avec une grande émotion que les spectateurs ont suivi la projection de Mustang la réussite de la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven, Mustang, à l’institut français de Casablanca. Ce film dont l’histoire se déroule dans une petite ville reculée de Turquie au bord de la mer noire à 1000 km d’Istanbul, nous révèle une nouvelle facette de ce pays, qui diffère de ce que nous avons l’habitude de voir dans les séries diffusées sur nos chaînes nationales.

Image de prévisualisation YouTube

Synopsis :
C’est sous un beau soleil d’un été prometteur ( pas que de bonnes choses, certes) que le film s’ouvre. Sonay, Ece, Selma, Nur et Lale, ces jeunes filles dont les âges varient entre 12 et 16 ans, ont subi la tragédie de perdre leurs parents à un âge très précoce, et se sont retrouvées élevées dans une ambiance tiraillée par cet amour fort, généreux et tellement protecteur d’une grand mère que cette énorme responsabilité parfois ébranle et désempare, et par la fermeté souvent cruelle d’un oncle, symbole d’un pouvoir masculin absolu, indiscutable, dictateur. C’est le dernier jour de l’année scolaire dans un village reculé de Turquie. Lale et ses soeurs rentrent de cours et jouent à la plage avec des garçons. Mais leurs jeux innocents font grand bruit dans le village très conservateur et leur grand-mère, outrée par ce qu’elle estime être de l’impudeur, les sanctionne dès leur retour à la maison. Entre les jeunes filles et les adultes, c’est le début d’une confrontation faite d’incompréhension. Peu à peu, la maison familiale se transforme en prison pour les jeunes filles qui se rebellent contre les traditions…

2

Ce film qui n’est pas sans nous rappeler « Virgin suicide », n’est pas seulement un vrai hommage à la féminité dans toute sa splendeur, mais aussi une réelle démonstration d’une structure solidaire, basée sur l’amour et l’affection sans retenues de cinq filles, dont la séparation a engendré des conséquences regrettables. L’histoire nous est racontée à travers le regard naïf mais pas sans critiques de la jeune Lale, un regard où se mélangent envie, mélancolie, fougue mais surtout un regard illuminé par un espoir eternel qui fait sa force.

3

Mustang est en effet en chacune de nos cinq héroïnes. Belles, fières et rebelles, avec leurs longues crinières indomptables. Elles nous mettent face à une Turquie conservatrice, intransigeante, ferme, patriarcale, dure avec sa belle jeunesse qui lutte pour une liberté violée, arrachée. Une jeunesse féminine en quête d’épanouissement, d’amour qui se retrouve frustrée et réduite à des machines à faire des bébés et des époux heureux. Un film fort en émotions, riche en illustrations, puissant par les prestations de ses belles actrices qui occupent l’écran avec tant de grâce et de présence, emportant les spectateurs dans leurs péripéties autant touchantes qu’attachantes.