Cinéma : Ce que nous retiendrons de 2011

Voilà déjà plusieurs mois qu’Artisthick a vu le jour. Nous avons fait de notre mieux pour vous faire découvrir, et ce, quotidiennement, le meilleur de la culture marocaine et étrangère. Que ce soit dans le domaine de la musique, de la littérature, de la photo et surtout du cinéma ! Il était donc inconcevable d’imaginer la fin de cette belle année sans vous faire partager le dernier regard que nous avons jeté sur le cinéma de 2011.

Ce qu’a retenu Sara Ifna !

Miral , « la fleur rouge qui pousse au bord de la route » dresse le portrait de trois générations de femmes se construisant à travers le conflit israélo-palestinien. Miral est partagée entre  justice et révolte, défense et éducation. Elle respire un air gris tout en combattant corps et âme pour sauver son identité. Freida Pinto aux jolis traits indiens joue donc le rôle d’une Jeanne d’arc aux vues politiques révolutionnaires.

Limitless ou l’oscillation maladroite entre excès et superficialité n’est qu’un bon divertissement d’une heure et quarante cinq minutes. Le scénario met en relief l’incontournable pilule NZT  offrant le succès sans limite à ses consommateurs. Seulement, les valeurs morales sont oubliées au profit de l’excitation de découvrir des pouvoirs intellectuels qui dévorent la vie de Bradley Cooper.

Black Swan est une merveilleuse vague de danse magique et féerique, accompagnée de l’obsession maladive de guetter la perfection. C’est avec élégance que Natalie Portman nous ouvre les portes transcendantes du personnage souillé par la passion et la folie. Un voyage somnambulique qui trompe le spectateur, essayant de différencier la réalité de la fiction, ce chef d’œuvre est un électrochoc pour les yeux et le monde des rêves en chacun de nous.

Ce qu’a retenu Dounia Bounahmidi !

Black swan C’est dans la  prestigieuse troupe du NYC ballet qu’évolue Nina, une jeune ballerine acharnée au travail et prête à tout pour décrocher le rôle principal du Lac des cygnes.  L’arrivée de la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lily, va vite installer une atmosphère de rude compétition. Darren Aronofsky réalise ici un thriller psychologique qui nous tient en haleine du début à la fin, pour un final aussi spectaculaire qu’inattendu. Ce film restera l’une des plus grandes réussites de cette année, un scénario d’une justesse qui érige le cinéma au rang d’art.

The tree of life C’est dans les années 1950 que Jack grandit entre une mère affectueuse, deux jeunes frères et un père autoritaire qui met son obsession pour la réussite au cœur de l’éducation de ses enfants. Un événement tragique va venir perturber le quotidien de cette famille… The Tree of life est plus qu’un film, c’est une profonde réflexion sur le sens de l’aventure humaine, sur le miracle de la vie sous toutes ses formes. Malick nous offre des plans d’un grand esthétisme, marqués par son style lent et très conceptualisé.

Ce qu’a retenu Miryam Lahlali !

Un jour Âmes sensibles, préparez vos mouchoirs ! One day est un drame comme on les aime, triste et romantique à souhait ! Hormis l’histoire passionnante, One day se distingue également par le jeu de ses acteurs, et quels acteurs ! Une Anne Hathaway émouvante et un Jim Sturgess tout à fait charmant ne laissent définitivement pas le spectateur indifférent.

Harry Potter et les reliques de la mort partie 2C’est avec grande nostalgie que l’ on a vu défiler sur nos écrans la deuxième partie du dernier volet de la saga du célèbre sorcier.  En effet, durant sept années, les héros de J.K. Rowling nous ont fait rire , pleurer mais surtout rêver. Une chose est sûre : le trio Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint aura définitivement marqué non seulement l’année 2011 mais aussi les cœurs de plusieurs milliers de fans.

Last night Si je devais résumer Last Night en quelques mots, je dirais que ce film est une fable moderne traitant de la complexité des relations hommes-femmes de nos jours. Guillaume Canet, Keira Knightley, Eva Mendes ou encore Sam Worthington mettent en exergue la fragilité de l’amour confronté aux démons de la tentation et du passé. Vous l’aurez compris : ce film fait partie des incontournables de l’année 2011 !

Ce qu’a retenu Soufiane Sbiti !

Melancholia, deux heures de pellicules pour nous expliquer la dépression, thème ô combien chéri par Lars Von Trier. Deux heures d’images grandioses et de graphiques époustouflants qui vont jusqu’à nous représenter en chair et en os par le biais de Kirsten Dunst, les bas-fonds du mot mélancolie. Elle remportera d’ailleurs le prix de la meilleure interprétation du Festival de Cannes. Pour l’histoire, elle est toute simplette. Deux parties, la première consacrée à un mariage qui tourne au désastre, et puis la deuxième partie qui nous étale les derniers moments de vie des personnages avant que la planète Mélancholia ne percute la terre. Fin du monde, dépression, le tout majestueusement mené, Lars Von Trier ne nous réserve qu’un avant-goût de ce qu’il pourra nous préparer pour son prochain film, Nymphomaniac.

Une séparation. Comme à son habitude, le cinéma iranien ne nous déçoit pas. De la première scène, jusqu’à la dernière, le jeu des acteurs est tout simplement surprenant, et d’une justesse qui vaut amplement le détour. Sans oublier la mise en scène qui manie avec ingéniosité l’histoire qui n’a, à première vue, rien d’exceptionnel et d’attirant : Un divorce en Iran qui débouche sur un drame lorsque le mari décide d’engager une aide-soignante pour prendre soin de son père malade. La dite femme enceinte s’abstient tout bonnement de le confier à son employeur, par crainte de perdre son emploi. Ce n’est que lors d’un léger mauvais traitement de la part de ce dernier -qui selon elle, provoque une fausse couche chez elle- qu’elle décide de poursuivre le père divorcé. En bref, de là commencera l’histoire, du conflit entre classes, de la peur, mais aussi de l’amour de la dignité qui se font ressentir tout au long du film. A voir.

En somme, 2011 a été une année riche en émotions pour les modestes cinéphiles que nous sommes ! Tout d’abord, 2011 est avant tout, comme l’a précisé Miryam, l’année de la fin de l’histoire d’une génération : en effet Harry Potter et les reliques de la mort – partie 2, vient vous sortir d’un rêve qui aura duré dix ans. Nous questionner quant à l’avenir du petit protégé de la Warner Bros : va-t-il perdurer et entrer dans l’histoire à l’instar des grandes sagas qui ont marqué les générations successives du cinéma, nous citerons notamment Star Wars, Indianna Jones, le seigneur des anneaux ou encore James Bond, ou alors sombrer dans l’oubli tel que le pauvre Radcliffe…

2011 semble avoir aussi été encore une bonne année  pour le cinéma américain, qui, malgré toutes les critiques lui étant adressées, reste une industrie sûre. Le divertissement reste au rendez-vous avec même certains blockbusters qui surprennent par une finesse qui n’était pas attendue; en effet Limitless a su faire parler de lui par un scénario entraînant et une réalisation juste ou encore Captain America : First Avenger dans la continuité de la mode d’adaptation des Comics surprend par un spectacle extrêmement divertissant et respectueux du spectateur. Enfin Black Swan n’est en effet pas à oublier et illustre parfaitement la polyvalence du cinéma américain : époustouflant, spectaculaire, budgétivore mais aussi et surtout extrêmement fin, artistique et juste (lorsqu’il le veut).

Quant au cinéma français, ce dernier semble toujours être traversé par des éclairs de génie à la même fréquence. Environ trois ans après Bienvenue chez les Ch’tis et un an après Tout ce qui brille, le cinéma de Sarko fait la roue en présentant The Artist véritable triomphe mondial ainsi qu’Intouchables, remis toutefois en cause par la critique américaine mais connaissant malgré tout une véritable consécration.

Enfin, 2011 a aussi été une année chargée pour le cinéma marocain qui nous présente de très belles œuvres, notamment le premier court-métrage d’Hicham Lasri The End qui est une véritable claque visuelle : du jamais vu  et à ne surtout pas rater ! Aussi, l’œuvre de Mohammed Achaour ne méritait-elle pas un accueil positif ? Un film a essuyé un échec qui parait pour le moins « synthétique » (industriellement parlant) ainsi qu’un retrait prématuré de certaines salles…

2011 C’était ça ! Au nom de la rédaction je vous souhaite une joyeuse nouvelle année au côtés d’Artisthick ! Nous espérons être la cause de votre addiction culturelle pour encore longtemps !