Chronique d’un Androïde : Whoever wins… we lose…

  • Etc 
  • jeudi 26 avril 2012 à 16:43 GMT

– I –

flash-back.

L’androïde se lève encore très tôt, vers 11h du matin.  J’ai vu un ou deux films hier et une question lancinante résonne dans les recoins de mon esprit :

Pourquoi, il y a toujours autant de fumée dans les films de Ridley Scott ?

Après avoir vu les Duellistes et G.I. Jane j’ai mal aux poumons à force d’avoir vu des films avec de la fumée blanche qui sort de nulle part.

J’active ma machine à Nespresso™, le café fait passer le goût de cendres des films de la veille.

Je note dans un coin de ma tête :

Ne jamais voir deux films de Ridley Scott back-to-back.

J’allume mes ordi’ en dégustant une tasse de café. Cette fois c’est Decaffeinato Intenso®, couleur rouge.

Les applications de réseaux sociaux s’activent d’elles-mêmes.

This is the matrix.

Quelques inconnu(e)s aux aguets m’écrivent.

«  – RIP JOBS ! »

Je regarde derrière-moi comme pour chercher le destinataire.

Ce n’est ni une information, ni un échange. Tout au plus l’expression d’une émotion.

RIP STEVE JOBS !

Un mec est mort quoi !

Kadhafi aussi est mort.

Même Adil Imam meurt une fois par trimestre si on croit Facebook™.

Dernière gorgée de café.

Je suis opérationnel.

J’appelle le numéro vert 123 pour me plaindre du service lamentable des blaireaux qui doivent se mettre à 4 derrière l’écran d’un ordi’ pour imprimer une facture. Le monsieur qui recueille ma plainte est stupide ou dur de la feuille. Je dis tout le bien que je pense du service zombiesque et je raccroche.

Automatiquement, une machine m’appelle pour me demander de noter ma satisfaction par rapport à ma demande. De 1à 4, je voulais choisir zéro.

Pour l’Android que je suis, c’est une façon paresseuse d’être dans le civisme.

Je pose mon téléphone.

Maintenant, je peux écrire ma chronique.

Ridley Scott avait réalisé pour Steve Jobs la pub 1984 pour « l’avènement d’un monde sans fascisme » dans le secteur informatique. C’était le lancement d’Apple®, Il n’y avait pas de fumée dans cette publicité légendaire. Ou peut-être si. On s’en fout.

RIP Steve Jobs.

Ridley Scott aussi est mort, son dernier bon film remonte à l’autre millénaire.

II

Puis après avoir lu l’hagiographie de Steve Jobs par Walter Isaacson, achetée au Virgin™ Marrakech, j’ai été révulsé : on a fait d’un vendeur de plastique le dernier des visionnaires. Steve Jobs a marché sur la gueule de pas mal de gens pour vendre plus de vides, de plastique blanc et des boitiers de MAC à des consommateurs pressés d’être dans la hype. Steve jobs n’était même pas un bon informaticien, c’était un héritier de Richard Nixon. Il a même donné au monde l’impression d’avoir inventé la musique alors que le seul truc valable qu’il laissera sera juste les beaux films de Pixar™.

Chaque fois que j’ai allumé mon ordi je me suis heurté à un RIP STEVE JOBS sur tous les murs, statut et autre Tweets des gens qui cessent de parler d’eux-mêmes pour essayer de jouer les pique-assiettes de la veillée funéraire de Steve Jobs.

Apple sort un nouveau I-phone avec plus de trucs inutiles dedans qui seront vendu par des gens incompétents et achetés par des zombies qui les exhibent à Villa Zévaco.

Bills Gates® continue de défoncer des Windows™ ouvertes à toute allure. Il a peur, il sait qu’il est le prochain prophète sur la liste des gens qui n’ont rien à foutre que de faire des listes.

J’ai besoin d’un autre café.

La batterie de mon MAC™ est à plat. I-Tune passe encore du Metallica. Some kind of monster… Some Kind of Monster…

Clignotement de l’écran.

Puis le MAC s’éteint sans que le texte soit enregistré.

Life is a bitch.

Then you die.

RIP JOB.