Chronique d’un Androïde : S’il saigne, on peut le tuer

  • Etc 
  • lundi 5 mars 2012 à 20:00 GMT

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L’androïde se dresse comme un personnage de Tex Avery, ouvre les yeux et avant même que son esprit ne réussisse à définir les coordonnées de cette résurrection après une nuit cotonneuse, tumultueuse, traversée d’orgasmes et de nuages de
fumée toxique, il se poste devant la machine à Nespress™ et allume ses ordinateurs MAC™ et PC®. Le pilotage automatique est la seule option quand on se réveille si tôt. Il est à peine 09H00. C’est toujours étrange de constater que mon PC® sénile (acheté en 2005) s’allume plus rapidement que mon MACBook™ neuf. Ma mère m’a toujours dit : il n’y a que les prolétaires qui se réveillent à 5h du matin. Ma mère a toujours été une personne subversive, elle déteste les adages à la con type : « se réveiller de bonne heure équivaut à acheter de l’or. » Mon MAC est clairement conscient d’appartenir à la nomenklatura.

Donc, si tôt le matin. J’entends la machine à Nespresso grésiller en pissant du café dans ma tasse Metallica®. Quand la machine s’arrête, je commence à entendre des petites notes presque musicales jaillir en chœur de mes ordis.
J’oublie toujours que chaque fois que j’allume mes ordis, je me connecte automatiquement avec : Skype™, MSN®, Facebook© et…

Même à 9h du matin, il y a des gens qui cherchent à brasser du vent ou à entrer en contact avec d’autres civilisations. Détresse n’est pas le mot, mais on n’en est pas loin !

Je mets un peu de miel dans mon café et je gratte quelques onglets pour voir ce qu’on essaie de me communiquer  de si tôt le matin. La photo de Karl Marx du profil de Abdelouahed Bouaazza. Ce qu’il a écrit ? Deux parenthèses. Deux points. Un cercle. Un sourire. Pour ceux qui connaissent Alan Moore et Forest Gump, c’est un Smiley de mauvais
augure.Pour les autres c’est un émoticône sans consistance. Obséquieux est probablement le terme.

Instinctivement, je réponds par deux parenthèses, je presse la lettre D, je souris plus fort, Yallah !
Je me vois refaire les mêmes gestes pour m’extraire du sommeil. Sauf que je suis dans une caverne et que je suis un homme de l’âge de pierre. Je pisse contre une paroi de caverne et je trouve quelques idéogrammes qui me font grogner. Je prends un caillou et je laisse un commentaire sous les idéogrammes. Je fais partie de la famille Pierreafeu et je communique de la même manière que tous les blaireaux du Social network. Les époques se mélangent.

Il n’y a aucune différence entre un troglodyte et un Geek. A quoi sert ma réincarnation alors ? Déprimé par ce constat, L’Androïde retourne se coucher bercé par les douces sonorités des Troglo-Geeks qui cherchent à lui communiquer quelque chose à travers Facebook®, Skype™ ou MSN®.

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En tant que créateur, je passe terriblement de temps à trouver les titres de mes travaux, puis un jour j’ai décidé de trouver des titres et de construire mes récits après. Donc, chaque jour, je note au moins un titre plausible pour un film, une nouvelle, une pièce de théâtre ou un court-métrage. C’est comme jouer à  « l’Air Guitar » au lieu de jouer à Guitar Hero.Le meilleur titre que j’ai trouvé : du brassage de vent et autre considérations intestines…

Je voulais le mettre comme titre pour cette chronique, mais je préfère le garder pour ma première comédie philosophique où Marx rencontre les Marx Brother pour se foutre de la Gueule du comique de génie de BHL !

Donc, j’enregistre le texte mais je n’ai pas de titre. Je suis un père indigne. Mais heureusement que dans la désarticulation, il y a une forme de truculence qui fais passer la paresse pour de la poésie. Où alors comme dit la jolie et vieillissante hôtesse de Qatar Airways : « en cas de dépression prenez le masque. »
Voilà le mien :