Chromeo: Poésie urbaine

Il y a quelque années, si on m’avait proposé d’écouter Chromeo, ma réaction aurait certainement été « non merci, ce n’est pas ma tasse de thé ». Mais comme le duo est ami à plein temps avec Vampire Weekend, je décide de leur donner une chance, car cela fait d’eux ma belle famille musicale.


Mon rejet initial était surtout dû à une question de préjugé: Pour moi, le funk se résumait aux clips à l’esthétique ringarde qui passaient sur MCM. Or, il ne m’a suffi que d’un seul coup d’oeil pour me rendre compte que ce n’était pas le cas du duo québécois à l’allure bien soignée.

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D’un côté il y a Dave1 (David Macklovitch), entre 50’s et 80’s avec son perfecto en cuir à la James Dean et ses lunettes Wayfarer. David est une égérie mi-geek mi-hipster, quand il n’est pas Dave1, on l’appelle professeur Macklovitch à l’université de Columbia. D’un autre côté, il y a P-Thugg (Patrick Gemayel) qui donne l’impression de s’habiller au second degré : Grosse parka, veste militaire et imprimé africain, agrémenté d’une juste dose de bling bling.


C’est à se demander ce que font ces deux là ensemble. Sauf que Chromeo joue paradoxalement sur l’association d’éléments contraposés. C’est un peu comme si Jacques Brel chantait sur du Daft Punk, mais sans clacher, et avec humour.



La fusion du synthé analogique et des boîtes à rythmes avec des paroles fleur bleue a pour résultat un son vintage et urbain à la fois. Leur musique aux notes impeccables n’est pas un hasard, mais la conséquence d’un travail de perfectionniste. Chromeo joue pour se faire plaisir avant tout. S’ils excellent dans leur domaine, c’est justement parce qu’ils restent fidèles à eux-mêmes et ne cherchent pas à prendre de poses. « Business Casual », leur dernier album en date est un pure délice: Frais, accrocheur, drôle et romantique à la fois. Que demander d’autre?


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