Byôki No Otaku : du JRock à la sauce marocaine

Byôki No Otaku (littéralement, les Otakus déjantés) est un groupe marocain formé en 2009 et qui se lance dans un genre musical jusque là inconnu au Maroc: le rock nippon. Ses membres, Zico, Slimane et Nizart,  sont trois jeunes passionnés de la culture japonaise qui osent sortir des sentiers battus. Le trio s’est déjà produit en concert dans plusieurs villes notamment à Casablanca en première partie du chanteur japonais Miyavi.

BNO Official Drawing

Nous les avons rencontrés:

Artisthick : Le rock nippon est un univers musical totalement inédit au Maroc, comment êtes-vous « tombés dedans » ?

Byôki No Otaku : La majorité des marocains ont eu un jour la chance de suivre des animés Japonais en arabe. Une poignée de ces marocains manifeste un intérêt plus solide en allant chercher d’autres animés, souvent en version originale. Les génériques de début et de fin de ces animés en VO sont chantés par des artistes japonais, en japonais, ce qui leur offre un contact indirect avec la musique japonaise. C’était le cas pour nous aussi.

A : Comment est né Byôki No Otaku ?

B.N.O : C’est une assez longue histoire qu’on essaiera de raccourcir en quelques lignes :

Au début nous étions 4 membres, 2 pairs d’amis d’enfance. Bien qu’on se soit déjà rencontré auparavant, la scène qui fut derrière la création de Byôki No Otaku est celle où Nizart, chanteur guitariste du groupe, eu l’idée d’interpréter une chanson en japonais pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux étudiants des cours de japonais à la faculté des lettres de Rabat. Les nouveaux étudiants en question n’étaient autres que Zico et Oualid. Après la prestation de Nizart, Oualid est parti le voir pour lui proposer une idée propre à lui : créer le premier groupe JRock du Maroc. Il nous manquait toutefois un bassiste pour compléter le groupe, et des bassistes Nizart n’en connaissait qu’un seul : Slimane.

Quelques temps après, Oualid a dû quitter le groupe pour des raisons personnelles, ce qui fait qu’aujourd’hui Byôki No Otaku se compose de 3 membres : Nizart (chant guitare), Zico (guitare) et Slimane (basse).

A : Votre musique évoque aussi des influences de Hard Rock, êtes-vous inspirés par des artistes en particulier ?

B.N.O : Ce ne sont pas des influences Hard Rock, mais plutôt des bases. Ce que nous faisons est du Hard Rock pur, inspiré directement du Hair/Glam des années 1980. On citera Guns N’ Roses, Mötley Crüe, Def Leppard, AC/DC ou encore Aerosmith comme références majeures. Nos influences ne s’arrêtant évidemment pas qu’au Hard Rock, nous sommes aussi de grands amateurs des références Blues / Jazz qui sont l’essence même de ce que nous faisons.

A : Votre style musical rend-il plus difficile votre visibilité auprès du public marocain ? Comment le familiarisez-vous avec votre univers si particulier ?

B.N.O : Il existe une grande communauté, souvent sous-estimée, de marocains fans de culture populaire japonaise et du Japon en général. On l’appelle la communauté Otaku, et nous existons au Maroc à travers elle.

Après, dès le moment où on commence à jouer les génériques de Tiger Mask II (‫Anamir al moukanaa), Grendizer ou Conan, toute personne née à partir des années 1970 s’identifie systématiquement. C’est notre arme secrète pour familiariser les plus sceptiques d’entre eux.

A : Quels sont vos projets d’avenir ?

B.N.O : La finalisation et le lancement de notre premier album. Il est prêt à 75%. On ne se fait pas d’idées sur l’industrie musicale marocaine, on sait très bien que cet album doit être « produit » par nous même dans un premier temps. Dès qu’il sera prêt, on tentera de l’étaler partout, avec évidemment le Japon comme grand objectif.

Propos recueillis par Dounia Bounahmidi.

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