Bobby : Seul contre tous. L’histoire vraie d’une différence

Bobby : seul contre tous (Prayers for Bobby). Une magistrale boite à émotions que nous présente le réalisateur Russel Mulcahy. Basée sur  l’histoire vraie d’un jeune homosexuel, ce film nous raconte le parcours d’une mère de famille chrétienne dévouée et fidèle à son église. Sigourney Weaver dans le rôle de Mary Griffith, élève paisiblement ses progénitures selon quelques enseignements conservateurs de l’église presbytérienne, au coté de son mari. Tout va pour le mieux pour eux. Une rare complicité et entente se font sentir au sein du foyer, jusqu’au jour où l’un de ses plus jeune fils du nom de Bobby (Ryan Kelley) annonce à son frère son homosexualité. Et que plus précisément, qu’il ne rêve pas de filles…mais de garçons ! Son grand frère ne saura garder ce lourd fardeau et en fera immédiatement part à ses parents puis au reste de la famille. Commence alors une dure épreuve pour toute la famille et surtout pour la mère, croyante à la foi inébranlable qui voit en chaque homosexuel, une erreur de la nature condamnable aux flammes éternelles. Le reste de la famille finira par vouloir accepter lentement cette différence, mais elle, Mary acceptera de renier son fils. Bobby finira par se jeter du haut d’un pont en un soir de désespoir.  Un suicide qui ne laissera pas indifférents, ses parents et changera catégoriquement sa mère, bouleversera ses convictions et alors l’émouvante histoire d’une quête, et d’un amour ne fera que commencer…

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Un magnifique film mêlant joie, humour, colère, espoir et tristesse qui n’épargnera à aucun moment vos larmes et le plus profond de votre cœur. De votre âme et de votre conscience, de votre humanisme. L’action date bel et bien des années 80, mais le problème reste toujours d’actualité, celui de l’acceptation et de la réaction des familles face à cette décision, jugée pour le moins étrange et indécente. On comprendra peut-être, après ce film ce que ressent un homosexuel de tous les jours, aussi angélique soit-il.

Un film d’espoir où la bande sonore restera toutefois absente, si ce n’est qu’avec quelques morceaux pour alimenter ce silence qui fera la longueur de quelques lassantes scènes. Une magnifique performance du jeune Ryan, qui saura magnifiquement jouer avec la pitié ainsi que la frustration, faisant de sa différence, une source infinie de solitude. Même chose pour sa mère qui elle, se démarquera de part sa colère, sa sévérité et sa discipline. Trois traits de caractères qui s’effaceront après la disparation de son fils pour laisser place à une doléance et ensuite une culpabilité. Est à déplorer, le rôle quasi absent, des sœurs ainsi que la nonchalance du père, de la part de qui, on attendait un tant soit peu de réactivité, étant donné son statut.

Un film qui traite en premier plan du début des homosexuels et de leur difficulté à se faire accepter par leur famille. Puis en second plan, du thème de la liberté de conscience. Comme en conclura merveilleusement la mère de famille en fin de film : «  Avant de faire résonner votre Amen dans votre foyer ou votre lieu de culte, réfléchissez et souvenez-nous ! Un enfant vous écoute. »

Un bon film, auquel l’on reprochera une certaine lenteur pour quelques personnages et c’est bien pour cela que cette note lui siérait à merveille.

Note : 3/5