Black And White America : Un Lenny, artichic et superlove

Quand un petit garçon très chevelu de 8 ans passe en boucle « Fields of Joy » dans sa petite chaîne Hi Fi, et qu’il vit dans une ville comme Agadir face à la mer, on ne pourra qu’imaginer qu’il sera un adulte très passionné,voir  mielleux, et parfois autodestructeur. Cet être aux yeux marrons clairs et globuleux n’est autre que moi. Entre nous, communs des mortels, qui ne s’est pas tué par amour, qui ne s’est pas brisé par une nouvelle solitude, piégé par cette drogue ,cette belle femme. Mon premier album« Let Love Rule », ma première guitare, ma première vague, mon premier concert à Bordeaux, mon premier baiser, ma première nuit charnelle sous du « Believe In Me », Lenny et ses albums sont la B.O de ma vie entre sourires et délires passionnés qui alimentent mes artères rebelles et pétillantes d’énergie Red Bull. Les multiples déboires de mon cœur pour ce Graal qu’est l’amour.
Sister (Live)- Lenny Kravitz:
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Pour moi, toute chanson de ce roi du Rock est un résumé de mes relations amoureuses ou de mon simple quotidien d’étudiant; ce train aliénant de la routine.  Ces chansons sont mon passé, mon présent et mon futur. Cet espoir qui s’interpose face à une société certes généreuse, mais schizophrène, qui manque de repères et trouve du mal à exprimer ses désirs. Again et Again, des chairs s’enveniment pour ce matériel de mauvais goût, pour des âmes en manque de satiété. Sans spiritualité, les gens confondent sophistication et talent avec arrogance.
Again-Lenny Kravitz:
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Retour à la scène,même sans artifice flagrant et danseurs survitaminés, les Live et les looks de cet artiste métisse transposent à merveille le mythe Glam-rock fashion et l’art minimaliste empruntés à David Bowie, avec comme coupole son seul aura mythique et sa bande de fidèles musiciens, emmenées par son bras droit très discret, le guitariste Craig Ross. Reste ces albums uniques, ni noirs ni blancs, une musique riche et arc-en-ciel, tantôt vintage tantôt venue d’ailleurs, écoutés  par le reste du monde et respectés par ses pères Prince, Stevie Wonder, Iggy Pop et Bob Dylan. D’ailleurs, ce dernier va collaborer avec Lenny pour une nouvelle chanson, dans son studio au Bahamas. Pourquoi tant d’admiration? parce qu’il est un des rares artistes contemporains à jouer avec tous les instruments dans ses  albums et d’en écrire toutes les paroles. C’est un touche à tout du son qui a vu ses talents exploser, au fil de ces 22 ans de tournées mondiales au côté d’ Aerosmith , Rolling Stones, Chris Cornell et les autres « Gods Of Rock » de VH1.

Rencontre avec Lenny Kravitz sur « Esprits Libres »:

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En 2004, un album » Baptism » est haï à ses débuts par la critique, tout simplement à cause des 14 millions d’albums (« Greatest Hits » et « Lenny ») vendus en seulement 2 ans dans une industrie de disques en faillite, et par la position de son interprète contre la politique étrangère Américaine. Un vinyle policé à l’extrême,  qui garda toutes ses racines d’humanité. Comme son ami Raphaël Saadiq, le magicien, fraîchement nommé ambassadeur de « Peace One Day », revenait quatre ans plus tard avec le très réussi « Its Time For A Love Revolution », qui marqua le retour de la Soul très Motown dans le devant de la scène.

Dancin T’ill Dawn (Live) et hommage à Michael Jackson -Lenny Kravitz:

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Un film  » Precious » de Lee Daniels, qui nous dévoile les capacités d’acteurs du natif de Brooklyn et de son amie Mariah Carey, après quelques apparitions courtes mais marquantes, dans des films comme « Zoolander » de Ben Stiller et  » The Diving Bell And The Butterfly » du peintre Julian Schnabel.

Trailer de « Precious » de Lee Daniels:

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Durant ces deux dernières années, Lenny nous concoctera, dans le silence, un menu des plus délicieux et novateurs « Black And White America », avec quelques sorties furtives dans les défilés de mode comme chez Lanvin,devant l’œil protecteur du talentueux photographe et designer, Mathieu Bitton.

Lenny Kravitz chez « Lanvin » par Mathieu Bitton:

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« Black And White America » commence avec un premier titre  du même nom, qui sous ses traits funky de  Jamiroquai et Sly Stone parle de ségrégation raciale et de l’héritage du grand Martin Luther King. Une émeraude, qui grâce à son rayonnement sonore, est hautement frissonnante. De la basse, jusqu’au looping de la console, c’est  un producteur brillant qui s’impose devant ces DJ actuels paresseux et copieurs de Run DMC.

Black And White America- Lenny Kravitz:

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Après cette chanson pleine d’espoir, Lenny explose les caissons avec la Flying V bestiale, une morsure canine des plus chaleureuses avec « Come On Get It », déjà présente pour la compagne NBA de l’année écoulée, et qui a accompagné  Lenny et U2 pour leur mini-tournée  cet été.

Come On Get It (Live ) – Lenny Kravitz:

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S’en suivent des perles,avec « In The Black » et la très religieuse « Liquid Jesus », qui prouvent encore une fois les dons vocaux variés (qui n’ont rien à envier à une Tina Turner ou Janis Joplin) et la qualité de production excellente de notre artiste.  Comme dans son album « 5 », Lenny montre qu’il n’est pas seulement un rockeur virtuose et un soliste ingénieux, mais aussi un Artiste complet avec un grand A. Deux pistes sonores qui nous préparent pour ces montagnes russes qu’est « Rock Star City Life ».

Préparation de « Rock Star City Life »:

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A l’inverse de ces anciennes créations, Lenny multiplie dans ce disque les collaborations avec Jay-Z  et Drake pour « Boongie Drop » et « Sunflower », qui offrent deux beaux couplets, dansants en hommage à ces femmes noires et leur booty. Mais c’est le Flower Power « Stand », l’un des hits de l’été, qui marque les esprits avec son clip , où l’on voit notre caméléon endosser trois différents rôles.

Stand (Clip):

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Sa créativité passe aussi par des hommages marquants, comme le très Hendrixien « Everything », James Brown avec « Life  Ain’t Ever Been Better Than It Is Now »  à la trompette, le nouveau génie de la Nouvelle Orléans, Trombone Shorty, et la très romanesque « Superlove ». Une réinvention de cette marque de fabrique de Marvin Gaye qui en découle des notations libertines.

« Life  Ain’t Ever Been Better Than It Is Now »  en studio:

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« Super Love » -Lenny Kravitz:

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Enfin, le Lennonien »Dream » ( Hommage émouvant à sa mère Rocker Roxy), « Puch » et « The Faith Of A Child » marquent une descente tout en douceur d’un album aux sensations diverses.

« Dream », sublime déclaration d’amour à nos mères:

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En résumé, cet album est d’ores et déjà un sérieux concurrent pour les Grammy Awards, il déconcertera certains par son non conformisme avec ses sonorités soul, funk, rap, rock, voire pop. Un pur chef d’œuvre qui remettra, le plus éclectique des SuperStars musicales,  à sa place de Minister Of Music. Comme le disent si bien les Américains, c’est du « Everything ».

Everything -Lenny kravitz:

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Verdict: 16 ans plus tard, et des muscles en plus, mon cœur est toujours aussi gros à l’écoute de cet alchimiste. Parmi ses 9 albums studio,son plus noir fût « Circus », son plus électro « 5 », son plus rock « Lenny », son plus Reggae « Are You Gonna Go My Way », ses plus rétro « Its Time For A Love Revolution » et  « Let Love Rule », ses plus expérimentaux « Baptism » et « Always On The Run ». Ce dernier « Black And White America » est la somme de toutes ces facettes complexes d’un prêcheur viril de l’amour. A écouter sur votre Harley, direction les dunes de sable chaud du désert Saharien, ou vers un rendez-vous en amoureux. 16 titres, 16 chances pour crier haut et fort « I Love You » à la vie.

Lenny, le pont de l’héritage de la soul américaine:

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