Bel-Ami : Massacre d’un modèle de la littérature française

 

Il y en a de ceux qui croient en la théorie du complot, de manipulation de la presse visant à détruire l’image d’un film dès sa sortie… Je me demande, ce film en particulier a-t-il une image à détruire déjà ? D’ailleurs, je crois bien que c’est bien l’histoire qui est massacrée par le film. Vous voici, chers lecteurs, avisés de ma position vis-à-vis ce long métrage. Je vous explique pourquoi.

Bel-Ami, adaptation du roman du même nom du célèbre Guy de Maupassant, est sorti en salle le 27 Juin 2012. Georges Duroy, jeune provincial pauvre assoiffé de reconnaissance sociale se sert de son corps pour attirer les femmes les plus influentes et entame son ascension dans la société parisienne qui connaît à l’époque des conflits politiques importants. L’ironie mordante de Maupassant ne nous échappe pas, le pessimisme dont il fait preuve vis-à-vis son époque est flagrant. On peut même aller jusqu’à remarquer que Duroy, journaliste arriviste, est tout le contraire de Maupassant, lui-même journaliste avant de devenir auteur. L’on peut comprendre ainsi le dégoût que lui inspire ce personnage contraire trait pour trait à ce en quoi il croit.

Le public attendait avec impatience et fébrilité la sortie de ce long métrage mettant en scène l’illustre histoire de Georges Duroy. Cependant, il reçut tellement de critiques qu’il fut même retiré des salles une semaine après sa parution dans certaines villes françaises, et pour cause ; on n’y croit pas ! Le jeu d’acteurs, l’intrigue même, les répliques… Rien n’est convainquant, on s’en lasse très vite.

Les réalisateurs ont bâclé le film. Ils n’ont pas pris le temps d’exposer toute l’œuvre de Maupassant. D’accord, Bel-Ami est tellement riche en péripéties que ça en devient difficile de représenter le roman dans son intégralité, mais de là à en donner un accéléré médiocre, un minable résumé…

Robert Pattinson, tenant le rôle principal de Duroy, paraît limite mal à l’aise dans son rôle. On croirait que donner la réplique aux sublimes Uma Thurman alias Madeleine Forestier, l’intelligente beauté habituée à rédiger les articles de son défunt époux puis ceux de Duroy par la suite, Christina Ricci, la première amante de Duroy, ou encore Kristen Scott Thomas, la femme du patron et amoureuse transie venant jusqu’à divulguer le plus noir des secrets de son mari pour plaire à son amant rehausserait le niveau de R-Patz, en vain.

Je ne fais pas dans la méchanceté gratuite, loin de là, seulement je m’attendais à tellement plus de l’adaptation d’un si merveilleux roman, que j’en venais à ignorer les critiques de presse et de ceux qui l’ont déjà vu en essayant de me convaincre que ça ne peut être aussi mauvais que ce qu’on prétend.

En outre, les réalisateurs ont commis la faute de s’intéresser de trop près au jeu de séduction de Pattinson et se sont éloignés de ce fait du cœur de l’œuvre de Maupassant, le journalisme et la satire de la société, si bien que l’ironie dont fait preuve Maupassant ne transparait guère dans le film, ce qui est très décevant.

On appréciera peut-être le vestimentaire impeccable mis en scène mais… ce sera tout.

Pour conclure ; à tous ceux qui défendent le film sans avoir lu au préalable le roman : Allez-y et lisez le, vous serez cruellement déçus, vous vous rendrez peut-être compte que c’est un cruel massacre de la littérature française  qui mérite bien les critiques péjoratives qu’il reçoit.

1.5/5 pour le vestimentaire et les trois belles actrices qui ne nous ont pas déçus.

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