Back to Basics : Breaking The Waves de Lars Von Trier

Lars Von Trier a encore une fois fait parler de lui en 2011 grâce à « Melancholia ».  Néanmoins, c’est à 1996 que remonte le premier grand succès du réalisateur danois, avec « Breaking The Waves », un film qu’on avait qualifié à l’époque de « Tragédie de l’amour ».

 

L’histoire se déroule dans un petit village écossais, où une communauté protestante, très rigoriste, vit dans une tranquillité morbide. Bess (Emily Watson), une jeune fille un peu lente et simple d’esprit, épouse contre l’opinion de son entourage, Jan (Stellan Skarsgård), un étranger qui travaille dans une plateforme pétrolière. Avec ce mariage, Bess accède à un monde simple et légitime, de joie, de plaisir, de sensualité et surtout d’amour. Tant d’émotions jusque-là proscrites de sa vie par les lois strictes de sa famille et de sa communauté.

 

 

Après une période de bonheur absolu, Jan repart pour la plateforme, où il sera victime d’un accident qui le laissera paralysé. Bess, d’un raisonnement simpliste, se sent coupable du malheur, et est prête à tout pour que son mari se rétablisse. Jan dans sa condition, lui demande de prendre un amant et de lui raconter ensuite ses aventures sexuelles ! La jeune Bess réticente au début, dégoutée au premier pas, acquiert ensuite une foi inébranlable en une possibilité improbable de sauver Jan, à travers un lien de causalité superstitieux, voir même profane.

 

 

Dans ce film, E. Watson, dans le rôle principal, vacille entre peine et perversité. Elle arrive contre toute loi morale, grâce à des yeux remplies d’innocence, à convaincre le spectateur de la légitimité de ses actes, le plaçant dans une situation émotionnellement antithétique où  dégoût et compassion s’entre-mêlent. En effet, toute l’histoire du film donne place à une contextualisation du bien et du mal, de la morale et du fait religieux. Pour ce dernier, le contraste est saisissant entre le positivisme du lien qu’entretient Bess avec Dieu dont elle interprète les paroles qu’elle croit lui être adressées, et le négativisme étouffant de sa communauté à travers l’église du village.

 


 

« Breaking The Waves » est un film qui vous dérange et interpelle vos émotions. Le sacrifice, l’égalité des sexes, le conservatisme, sont autant de thèmes évoqués. Le tout se culmine avec une fin mystique, de laquelle vous ne saurez vraiment que penser ! Enfin, des touches musicales qui marquent les pauses entre les « chapitres » du film rajoutent une beauté simple à l’œuvre.

 

Bande annonce :

 

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Grand Prix du Jury au Festival de Cannes en 1996, ce film mérite de loin qu’on lui consacre le temps qu’il revendique. 159min après lesquelles vous resterez pensif pour un bon moment ! Promis !