Back To Basics : Billy Elliot

Nous revoici encore une fois sur Back To Basics. Rubrique, rappelons-le initialement prévue pour fin de dépoussiérer quelques anciens films de ces précédentes décennies. Pour cette fois-ci, il nous convient de ne pas trop s’éloigner dans les dates, et de ne jeter qu’un léger coup d’œil sur cette fin des années 90. Afin de n’en garder que l’émouvant et touchant chef d’œuvre de Stephen Daldry qui a pour titre : Billy Elliot.

L’histoire telle qu’elle nous a été façonnée ici, est celle d’un jeune et candide garçon de onze ans, qui vit en compagnie de son grand frère, de sa grand-mère et enfin de son père, au nord-est de l’Angleterre. Avec pour blessure, le départ précoce de sa mort vers l’autre monde, Billy grandit tant bien que mal dans ce milieu très masculin et dur. Il fait le tout en l’absence de sa mère, cuisine tout seul, et prends soin de sa grand-mère souffrante d’Alzheimer. Les deux autres hommes de la maison sont bien occupés à mener à bien leur petite grève de mineurs, ne promulguant au cadet que quelques mots en guise d’ordre. On décide de tout pour lui, jusqu’à l’inscrire à un cours de boxe afin de le durcir et d’en faire un véritable homme. Un rêve que convoite ardemment son père et qui pour lui, reste une fin en soi, un hommage à sa famille. Y est t-il épanoui ? Oh que non ! Le petit Billy danse déjà avec ses gants de boxe ! Et ce, avant même que ses yeux n’atterrissent sur les pas de danses des petites filles d’à côté. La donne ne tardera pas à être changée, une fois qu’il se serra jeté sans trop le savoir, au milieu de ces filles en tutus et en ballerines. Il prendra à son tour, des ballerines et se s’adonnera lui aussi à cette toute nouvelle passion. Passion qui aux yeux, de son père et de son frère ne concerne que les filles voire peut-être les femmelettes.. Billy se fixe alors, un objectif ou plutôt une ambition : Danser, coûte que coûte.

« I don’t want a childhood, I want to be a ballet dancer. »

 

Débute alors, un grand cheminement pour conquérir la bénédiction de son père et des autres. Avec pour fond de toile, une Angleterre secouée par la ministre Thatcher, plus connue sous le nom de la Dame de Fer, et où les grèves et les répressions se suivent et se resssemblent en une atroce routine.
Ledit garçon est justement au centre de ce tournant et surtout victime à la fois de l’orageuse situation financière de son père puis du vide sidéral de sa mère, qui se fait ressentir à chaque longue solitude. Et contrairement à ce que l’on a pu être habitué, par d’autres films, le réalisateur réussit là un bien bel alliage, en alliant la lutte ouvrière, milieu masculinisé et dur à tout son contraire,  c’est à dire, la finesse de la danse et la sensibilité de l’art !

On me demande d’être assez objectif pour parler de ce film, d’expliquer le pourquoi de sa réussite et ainsi de suite. Pour moi, c’est un peu comme si on voulait me sous-entendre, que pour aimer une chose, il faudrait qu’elle soit avant toute chose conforme à certains critères, pour enfin être passée au crible de la diatribe. Que nenni ! Il n’en sera alors question de ce genre d’analyse ici, car pour chaque film, il y a en lui un quelque chose de spécial qui me pousse à en parler, comme j’ai pu le faire si souvent. Non pas en le décortiquant ou en le disséquant mais en m’y plongeant pour n’en ressortir, qu’avec ce qui a pu m’ébranler, me toucher au plus profond de mon intérieur.

M’est avis, que ce quelque chose de précis qui arrive à percevoir et à percer le plus profond de nos émotions, reste toutefois relatif. Cela change en fonction des individus, de leur vécu ainsi que de leur degré de sensibilité. Parler ainsi de cette influence qui change de personne à d’autre, s’avère hautement importante pour ne pas dire essentielle ici. Car, enfin de compte c’est l’essence même de tout film, de toute oeuvre d’art; sa capacité à nous influencer, à nous toucher puis notre très nette incapacité à expliquer clairement ce pourquoi du comment.

Pour ce qui est de ma part, de mon cas plus précisément, c’est cette perfide relation entre père et fils, qui me secoue durement à chaque fois. Que cela ait été le cas ici-même en Billy Elliot ou bien encore, en d’autres films comme Mon père est femme de ménage, dont je vous avais fais part, il y a de là quelques mois. Cette relation dis-je a pour base, l’envie de toujours vouloir impressionner son fils, et ce, en dépit du manque évident de moyen. Ou encore, l’intriguant intérêt que peut bien nourrir un père à la passion de son fils voire même l’espoir du petit garçon de voir un sourire illuminait le visage de son père tout heureux ne serais-ce qu’en un seul instant ! Voilà, un lien entre l’homme et son fils, qui n’arrive pas à me laisser de marbre.

Jusqu’à présent, je ne sais toujours pas pourquoi ces scènes, ou ces sujets agitent en chaque fois mes glandes lacrymales. Peut-être par défaut de m’y identifier, étant donné du fait que je fasse, moi-même, parti de cette classe moyenne, sujette aux tremblements financiers de chaque fin de mois. Voire encore, parce que moi aussi je trimbale avec moi, ma petite passion qu’est l’écriture et qui tend à chaque fois de prendre une infime place au sein du foyer familial.

En bref, c’est ainsi pour moi toujours la même sérénade dont je me délecte à chaque reprise sans pour autant m’en lasser. La sérénade d’avoir comme plat, une délicieuse comédie sociale, agrémentée par de l’amour paternel avec au passage quelques soucis de société voire même politique. Le tout qui aide à  nouer une fine relation père-fils, qui, au début éprouve quelques peu de difficultés mais qui finit toutefois par se concilier au grand jour, entrainant avec elle, les grandioses émotions que nous attendons impatiemment.

Et c’est je pense, le pourquoi de la réussite de ce film, qu’il ne faut pas que voir et s’en rappeler, mais revoir, s’en appéter et applaudir. Pour au final, pourquoi pas ne pas en danser ?

Extrait du film :


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Bande annonce du film :


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Aussi sans oublier la fabuleuse bande son qui ne désenchante pas, de par l’ingéniosité de son choix, ou encore sa diversité. De Tchaikovsky jusqu’à The Clash, il fallait oser !