Au Maroc, plusieurs journaux français interdits cette semaine

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  • vendredi 16 janvier 2015 à 08:51 GMT

 

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À l’heure ou le monde entier s’émeut de l’attentat perpétré la semaine dernière au siège de Charlie Hebdo, à l’heure où près d’une cinquantaine de dirigeants d’Europe mais aussi d’Afrique et du Moyen-Orient se sont retrouvés afin de défendre la liberté face au terrorisme, le gouvernement marocain montre encore une fois ses lacunes en la matière. En effet, après la sortie du premier numéro de Charlie Hebdo post-attentat, ce sont près d’une quinzaine de magazines et de journaux français qui ont été interdits au Maroc. On retrouve parmis ceux-ci des publications telles que Libération, le Monde, Marianne, Le Point et les Inrocks. Alors que le royaume s’est officiellement placé du coté de la France dans son combat pour la liberté d’expression, comment est-il concevable que l’on empêche la publication d’un magazine tel que Charlie ?

Ce qui manque ici c’est une cohérence, on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre, il faut être pour ou contre. Alors quand le royaume dit appuyer la France et que l’on interdit dans le même temps des journaux comme Libération ou Marianne qui ne représente aucun danger, si ce n’est celui d’une opinion divergente,  il y a comme un malaise. Le même d’ailleurs que lorsque le ministre des affaires étrangères se disait en faveur de la marche de dimanche dernier à la condition  que soit absentes des caricatures du prophète, alors même que ce rassemblement à comme objectif la défense de la liberté d’expression…

« Nous avons interdit tous les journaux contenant les caricatures du prophète publiées dans Charlie Hebdo et interdirons tout numéro dans l’avenir publiant ces images ou d’autres portant atteinte au prophète. »

Mustapha El Khalfi, ministre de la communication et  porte parole du gouvernement

Chez Artisthick nous pensons que la liberté d’expression c’est avant tout le droit que chacun a de pouvoir dessiner, dire ou penser ce qu’il veut, mais il s’agit aussi du droit qu’a un individu de pouvoir voir, lire ou écouter ce qui lui plait. La seule chose qui puisse limiter la liberté d’un individu, c’est celle d’un autre, ici nous n’avons pas senti que notre liberté a été bafouée par Charlie Hebdo, là où notre liberté prend un coup par contre, c’est lorsque la presse est censurée. Nous sommes Charlie quand la liberté est en danger.