Arti Talk: À la découverte du monde de Didsy

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Promise à une carrière dans les meilleures agences de communication au Maroc, Dina Fikri Benbrahim, jeune tangéroise, décide un beau matin de tout lâcher pour devenir artiste à plein temps. Après une année de travail et plusieurs expositions collectives, celle qui préfère être appelée par son nom d’artiste Didsy, expose pour la première fois en solo à L’Uzine, ou elle nous plonge dans un univers naïf et enfantin. Rencontre.

Parlez nous de votre personnage Didsy, qui est t-il et comment est t-il né ?

Mon personnage est une femme/enfant que j’illustrais déjà dans mon journal intime quand j’étais ado. C’était ma porte parole si vous voulez. Elle avait le « droit » de dire tout ce qu’elle voulait comme elle le voulait ; et moi, comme avec une amie imaginaire ou une Fée Clochette, je lui racontais tout. Réellement, je m’amusais à lui donner différents rôles dans différentes situations que j’ai vécu ou juste imaginé.

Bye Deer, 190x142, Acrylique sur toile, 2015.

Bye Deer, 190×142, Acrylique sur toile, 2015.

Deer Love est votre première exposition solo, comment en êtes-vous venu à vous consacrer pleinement à une carrière d’artiste ? 

J’ai eu la chance d’avoir un excellent manager dans un ancien job en créa publicitaire qui m’a appris que la création est le fruit de beaucoup de curiosité intellectuelle et d’exercice. En croyant en moi, il m’a aussi redonné confiance en ce que j’étais capable de réaliser. J’ai donc naturellement ressenti le besoin de vivre cette vie d’artiste à 100% dans ses joies et ses galères pour me trouver artistiquement parlant. Je ne voulais pas être distraite par autre chose avant de trouver mon concept. Il fallait que je sois entièrement noyée dans l’art. J’ai pu faire quelques expos collectives dont ma dernière à Belgrade. J’ai énormément travaillé et expérimenté avant de trouver l’histoire que je voulais raconter à travers « Deer Love ». Elle est finalement très simple. C’est une lettre ouverte à l’amour, étouffé par une société castratrice.

On peut vous qualifiez de touche à tout, puisque vous faites de la peinture, des illustrations, de l’art graphique, des muraux, de la photo et des installations. Que manque t-il à votre panoplie ?

Ma démarche artistique reste très expérimentale et instinctive. J’avoue que je suis loin de maîtriser ces disciplines dans les règles qu’on leur a définies, donc, en ce sens, je pense qu’il me manque tout. Mais ça ne me fait pas peur parce que je veux juste créer d’une manière pure et spontanée sans être confinée dans un moule.

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Sneak Peak, 190×142, Acrylique sur toile, 2015.

Quelles sont vos inspirations ?

Les artistes japonais sont ma plus grande inspiration. Miyazaki est extraordinaire par exemple. J’ai grandi avec son monde complètement décalé, simple et poignant. Je suis aussi influencée par la pop culture, la littérature absurde, la vie de tous les jours, les nouvelles rencontres et mes voyages.

Vous exposez à L’Uzine, que représente pour vous cet espace de création ?

Une très belle initiative mais surtout un véritable espoir pour que l’art se démocratise dans notre pays.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Allez voir mon expo! Elle se poursuivra jusqu’au 27 octobre.