ANDROMAN : Le mythe devenu réalité ou PRESQUE

Après une longue traversée du désert, le cinéma marocain renait de ses cendres, avec l’avènement d’une nouvelle génération de cinéastes, courageux et particulièrement talentueux.

Cet article s’adresse  donc à tous ceux qui devant les affiches hésitent, à tous ceux qui restent sceptiques, faites comme moi, en offrant votre ticket de cinéma à l’industrie locale.  Aujourd’hui, j’ose ANDROMAN.

Androman, c’est l’histoire d’une jeune fille qu’on décrète homme malgré elle, une féminité qu’on enfouit sous un amas de violence et de répression. En toile de fond, un village machiste, prisonnier d’une autre époque, qui réduit la femme au rôle de procréatrice dépourvue des droits les plus primaires. Et un espoir, un héros des contes populaires, MHand qui a décidé de rendre aux femmes leur dû, mais les traditions ont la peau dure et l’on coupe court à ses rêves libérateurs. Forte de son désir de revanche, ANDROMAN sort du silence et prend le destin des femmes du village entre ses mains.

Dès les premiers instants l’on est tout de suite propulsé dans le feu de l’action, c’est comme si un vieux conteur de Jamaa-Elfnaa avait pénétré notre imagination, pour nous emmener au fin fond d’un Maroc tribal, d’un Maroc profond et affreusement malade. Le réalisateur réussira tout au long du film à avoir notre attention, en optant pour des scènes captivantes, un casting surprenant  notamment à l’interprétation tragique de Jalila TALEMSI, que l’on avait connue dans un autre registre. Les scènes sont particulièrement touchantes et les paroles font réfléchir en relançant le débat sur des sujets importants tels que l’enclavement de certaines régions marocaines, les droits des femmes qui y sont toujours bafoués, ainsi qu’un thème un peu plus écologique, celui de la surexploitation des forêts.

L’on aime particulièrement : La beauté des paysages, le mutisme des dialogues, la profondeur de l’image et de la parole.

L’on aime un peu moins : L’enchaînement de certaines scènes qui manque parfois de cohérence ainsi que l’absence de fil conducteur. L’on déplore aussi quelques flashback ratés.

L’on note : 3/5  à défaut de quelques petites imperfections au niveau du montage, le film vaut le détour. Vous savez  donc ce qu’il vous reste à faire !

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Pour la petite histoire…

ANDROMAN est un film d’auteur écrit et réalisé par Azrlabe Alaoui. Il a été primé lors de différents festivals (Tanger, Salé, Alexandrie et Masquet). Le tournage s’est fait dans la région de BOULMANE et a duré 7 semaines, avec un budget de 6 MDHS. Le réalisateur a dû puiser dans des fonds personnels pour finir son œuvre chose qui relance le débat sur le financement du cinéma dans notre pays…