«Andalousie, mon amour !», retour sur une année riche en succès

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  • mercredi 7 novembre 2012 à 16:29 GMT

Après avoir conquis le Maroc, l’Algérie et la Réunion, le premier long-métrage du réalisateur et comédien Mohamed Nadif se dirige en cette fin d’année vers l’Allemagne. Sélectionné pour participer à la 4ème édition du Festival du film arabe, «Andalousie, mon amour ! » représentera le Maroc du 5 au 11 novembre prochains à Berlin. Retour sur une année riche en succès pour ce jeune réalisateur.

Tiré d’un scénario de Omar Saghir, «Andalousie, mon amour !» de Mohamed Nadif multiplie les succès d’un festival à un autre, notamment celui de Khouribga où il a décroché le prix de la meilleure réalisation. Exposant le parcours de deux jeunes casablancais, Saïd (Youssef Britel) et Amine (Ali Essmili), ce film relate leur voyage en direction d’un petit village au nord du pays où ils prépareront leur départ pour l’autre rive de la Méditerranée. Ils y font la rencontre de l’instituteur du village (interprété par Nadif) qui rêve de rejoindre « l’Eldorado » andalou perdu par ses ancêtres. Avec son aide, ils embarquent sur une petite patera mais font naufrage et sont séparés. Amine est rejeté non loin du village tandis que Saïd échoue sur la côte espagnole, mais tous les deux vont être victimes de terribles escroqueries.

Ce film, mélange de réalité et de fiction, contient tous les ingrédients d’une comédie réussie, dans la veine des comédies italiennes des années 60 : tout comme elles, « Andalousie, mon amour ! » est une satire sociale féroce, qui traite d’une question délicate tout en utilisant un humour léger. S’éloignant des approches traditionnelles adoptées par les autres cinéastes pour aborder cette problématique, Nadif a exploré un nouvel angle d’attaque en produisant un film à la fois populaire et esthétique. Pari audacieux mais réussi : sans tomber dans le burlesque, cette comédie reste d’abord une critique de la réalité marocaine contemporaine avec ses inégalités riches-pauvres, ses mensonges politiques et ses services corrompus. Nadif évoque dans une interview que c’est en tant que marocain qu’il parle, dans ce film, des problèmes indirects qui poussent la jeunesse à quitter le Royaume : «La politique, la religion et l’éducation ».

Humour fin, critique sociale et une réalisation audacieuse font de ce film un succès, maintenant dans nos cinémas, en attendant le prochain long-métrage de Nadif coécrit avec sa femme sur la thématique de la dépression féminine.

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