A l’instar de Much Loved, découvrez ces 5 films marocains briseurs de tabous

  • Cinéma 
  • lundi 25 mai 2015 à 08:00 GMT

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Much Loved, le prochain film du réalisateur Nabil Ayouch, n’est vraisemblablement pas le premier film marocain à créer autant de débats. D’autres productions controversées ont vu le jour, et ont tenté de briser les tabous d’une société proclamée conservatrice. Retour sur 5 films marocains qui ont fait beaucoup jaser. 

Portés par une génération de cinéastes rebelles, plusieurs films briseurs de tabous ont vu le jour depuis les années 90. Audacieux et très en avance sur une époque où l’on osait moins, ces productions cinématographiques n’ont pas hésité à bousculer les moeurs d’une société, qui préfère fermer les yeux que de les ouvrir.

Le pain nu de Rachid Benlhadj (2005)

Inspiré de l’oeuvre emblématique de l’écrivain marocain Mohamed Choukri qui porte le même titre, Le pain nu nous livre l’histoire d’un garçon qui a grandi sans éducation, sans pain et sans tendresse. Une enfance violée par la tyrannie d’un père alcoolique et torturée par la pauvreté et l’ignorance totale puisque à l’âge de 20 ans,le personnage principal n’avait appris ni à lire ni à écrire.

Le film est sorti en 2005 et ramène à l’écran des sujets tabous comme la sexualité, la drogue et la violence. Des sujets précédemment traités dans l’oeuvre de Mohamed Chokri à une époque beaucoup plus difficile.

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Les yeux secs de Narjiss Nejjar (2003)

Les Yeux Secs est un film de la réalisatrice marocaine Narjiss Nejjar qui aborde ouvertement la question de la prostitution dans le fin fond du Maroc. Un village berbère enclavé, où une petite communauté de femmes vit de prostitution depuis plusieurs générations.

Cette situation déplaît à une ancienne prostituée qui après son retour décide de faire bouger les choses. Outre la question de la prostitution, ce film est une analyse de l’émancipation des femmes face à la main-mise des hommes sur leurs destinées. Le film a été sélectionné pour la quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes en 2003.

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L’armée du salut de Abdellah Taïa (2013)

Encore un de ces films controversés traitant cette fois-ci un sujet qui dérange énormément, c’est l’homosexualité. L’armée du salut est un film réalisé par l’écrivain marocain Abdellah Taïa, largement inspiré de son roman qui porte le même nom. Dans ce film, Abdellah explore la vie d’un jeune homosexuel de 15 ans qui vit dans un quartier populaire à Casablanca.

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Casanegra de Noureddine Lakhmari (2008)

Dramatique et fulgurant, Casanegra est le film-vérité sur la ville blanche qui n’est pas du tout blanche dans le film. Ce long métrage du réalisateur marocain Noureddine Lakhmari nous parle de deux jeunes marocains au chômage qui vivotent de petits boulots et rêvent de sexe, d’argent et d’un eldorado européen.

Casanegra a fait couler beaucoup d’encre. La réussite du film lui a valu une présence à l’international dans plusieurs festivals mais surtout sa sélection pour représenter le Maroc pour l’oscar du meilleur film en langue étrangère.

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Un amour à Casablanca de Abdelkader Lagtaâ (1992)

Nous sommes en 1992, une époque où les salles de cinéma marocaines étaient submergées de films égyptiens, hindi et ceux venus d’Hollywood! Un amour à Casablanca est avant tout un succès commercial remarquable. Ce film briseur de tabou a été décrit par le quotidien l’Économiste comme étant  » le premier film marocain qui ose parler de sexe pour mieux parler d’amour et décortique les tabous »

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Loin des clichés conservateurs, le cinéma marocain a su se développer en adoptant un regard critique envers les vrais problèmes de la société. Si Much Loved, alias Zin Li Fik, a suscité toute cette polémique -entre ceux qui le qualifient de choquant et ceux qui affirment qu’il n’a pas à être, tout simplement- c’est que la société marocaine et que le regard qu’elle porte sur elle même, est à des années lumières de la réalité.