8 questions pour le 8 mars par Majdouline Lyazidi à Miryam Lahlali rédactrice à Artisthick

  • Etc 
  • samedi 10 mars 2012 à 15:54 GMT

Alors que j’interpellais Majdouline LYAZIDI en sa qualité de fondatrice du mouvement Woman Choufouch pour une interview spécialement dédiée au 8 mars, celle-ci a jugé ma démarche trop classique et a proposé -à mon grand étonnement- d’échanger nos rôles : d’après elle, c’était sa façon d’honorer la journaliste en herbe que je suis, parce qu’après tout et jusqu’à preuve du contraire j’appartenais moi aussi à la gente féminine !

Amusée mais sincèrement touchée par sa démarche, j’acceptai de jouer le jeu de bon cœur et les rôles furent donc inversés. En voilà le résultat !

Miryam Lahlali

Majdouline :  Préalablement, pourrais-tu nous parler un peu de toi ?

Miryam : Je me nomme Miryam, je frôle les vingt ans et mis à part le fait que je fasse partie des rédacteurs d’Artisthick,  je suis aussi étudiante en sciences politique.

Majdouline : Que signifie être une femme pour toi ?
Miryam : D’après moi, une femme est avant tout un homme comme les autres ! c’est un être humain à part entière et donc je ne vois pas pourquoi elle devrait jouir d’un statut inférieur à celui de la gente masculine. Aussi, il ne faut pas oublier qu’être  femme est un boulot à plein temps. Elle est en même temps la mère, l’amante, la sœur, la fille et j’en passe !

Majdouline : Comment vis-tu le fait d’être une femme au Maroc? Et quels sont à ton avis les plus grands défis qui restent à relever?

Miryam : Je le vis bien ou presque ! Seulement, le plus difficile à assumer reste le regard que porte la société sur la gente féminine. L’on vit dans une société fondamentalement sexiste et inégalitaire. D’ailleurs, je penses que l’un des plus grands défis à relever est de faire bouger les mentalités marocaines malheureusement noyées dans un flot de préjugés. Tout cela reste bien entendu relatif.

Majdouline : T’a-t-on déjà harcelée? Pourrais-tu nous raconter la situation de « ngane » la plus bizarre que tu as vécu ou à laquelle tu as pu assister?

Miryam : Et bien comme toute jeune marocaine qui se respecte j’ai été harcelée à peu près…un million de fois ! Si je devais relater une situation de « ngane » en particulier ? je dirais aucune ! C’est tellement désagréable d’être constamment harcelée que je m’empresse d’oublier ces « épisodes » fort fâcheux qui polluent mon quotidien.

Majdouline : Quel est ton point de vue sur le mouvement Woman Choufouch? (sans mentir, hein!)

Miryam : (rires) J’étais presque sure que tu allais me poser cette question ! Sincèrement, je crois que c’est une très bonne initiative en soi ! Les marocaines ont besoin d’initiatives comme celles-ci pour sortir de ce que j’appelle « le mur du tabou ». J’espère juste que le mouvement ne s’estompera pas au fil du temps et que la marche se fera au plus vite !

Majdouline : Quelles sont, selon toi, les choses dont la femme marocaine a le plus besoin ?

Miryam : Beaucoup d’amour, de respect et de reconnaissance.  La femme marocaine fait tellement pour le Maroc, il faut la préserver et ne pas la négliger en bafouant les plus primaires de ses droits par exemple.

Majdouline : Y-a-t-il une femme dans l’histoire de l’humanité qui t’aurait marquée? Et pourquoi?

Miryam : En effet, il y en a bien une et c’est ma propre mère ! Je sais que ça peut faire un peu cliché, mais ma mère, en tant que femme et en dépit de ses obligations professionnelles a donné et de son temps et de son énergie pour parfaire mon éducation ainsi que celle de ma sœur.  Avec toute l’objectivité du monde, je trouve que c’est la femme la plus généreuse qui m’ait été donné de « rencontrer ».

Majdouline : Et pour finir « artisthickement » un film sur la/les femme/s que tu pourrais nous conseiller?

Miryam : Sans hésiter : La Source des Femmes !