2M et Ramadan, le constat d’un échec

  • Etc 
  • mercredi 24 août 2011 à 18:14 GMT

Comme beaucoup de marocains durant le mois sacré, je regarde les chaînes marocaines lorsque je romps le jeûne. Seulement, je ne ressens aucune distraction, ni même aucune satisfaction à voir une partie de la culture marocaine sombrer dans la médiocrité. Mais avant tout approfondissement, rappelons en quoi consiste la télé marocaine durant ce mois et plus précisément de 19h à 22h : une série de programmes humoristiques s’enchaînent dans le dessein d’atténuer la difficulté de la privation. Seulement, la majorité de ces programmes ne bénéficient d’aucune recherche.

 

 

Prenons l’exemple des caméras cachées, il m’arrive de me demander si le programme en lui même n’est pas un « gag ». En effet, l’écriture de ces gags est tout simplement chaotique : ne bénéficiant d’aucune inventivité, l’humour est entièrement basé sur le malheur d’un individu lambda et sa capacité à perdre son calme. En somme, aucune finesse artistique; ce qui donne lieu à des situations extrêmement tendues : chose surréaliste étant donné que c’est un programme HUMORISTIQUE. Tout cela, sans évoquer la réalisation catastrophique : plans inutiles, cafouillages maintenus au montage, cris de victimes qui « saturent » les micros… Rien de bien différent d’un blogueur de 15 ans qui déciderait de créer une chaîne Youtube.

 

 

S’en suit la série Dima Jirrane. Si cette dernière aura su séduire une partie des téléspectateurs, elle n’est pas pour autant une exception. Mon principal reproche sera centré sur la pauvreté scénaristique. En effet, l’essentiel de l’humour est basé sur le clownesque. Aux dernières nouvelles, un patron qui frappe son apprenti avec un chiffon peut faire rire des spectateurs de plus de trois ans. Lorsque ce n’est pas un médiocre comique de gestes, les scénaristes axent l’humour sur l’accent campagnard. Chose absolument consternante, si l’acteur réalise une performance en reproduisant cet accent, les scénaristes, eux, n’y sont pour rien.  Je me plais à imaginer si l’effet n’aurait pas été le même si ces acteurs avaient été posés dans une maison avec des caméras accrochées aux murs, sans rien de plus, cela me rappelle quelque chose, mais quoi ?

 

Enfin, le dernier programme de cette série est Jar Wa Majrour qui vient quelque peu « sauver les meubles ». En effet, c’est une caméra cachée radicalement différente de la première. Elle bénéficie d’une écriture intelligente basée sur un humour fin. Enfin, la production offre aux victimes un cadeau ainsi qu’une photo en compagnie de la « guest star » afin de clore le programme dans une ambiance bon enfant.

 

 

Certains pourraient avoir envie de souligner l’amélioration des programmes par rapport à l’année dernière, toutefois, je tiens à signaler que cette dernière reste infime. De plus, la piètre qualité de ces programmes pourrait frôler le manque de respect, lorsque nous observons le nombre de publicité que fait passer 2M à chaque pause. Cela est tout à fait aberrant : un tel volume publicitaire et des programmes aussi médiocres !